PS Chaville
PS Chaville

Retraites : Puisque les femmes vivent plus longtemps !

« Puisque les hommes vivent plus longtemps, il est logique de travailler plus longtemps ».

C’est le genre de raisonnement simpliste, populiste, abêtissant et inconsistant que nous assène la bien pensante élitiste. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas poursuivre la logique et affirmer avec le même aplomb :

« Puisque les femmes vivent plus longtemps, il est logique qu’elles travaillent plus longtemps ! ».

Pourquoi une telle unanimité devant tant d’ineptie ? Et pourquoi aussi peu d’esprit critique ? Ne serait-il pas tout aussi légitime et « logique » de défendre :

« Puisque la productivité a explosé en 50 ans(*), il est logique de travailler moins longtemps »,

« Puisque les peuples du monde ont contribués à sauver les banquiers à coups de milliers de milliards, il est logique que ceux-ci, une fois la rentabilité revenue, rendent la monnaie de la pièce »,

« Puisque les paradis fiscaux et l’évasion fiscale engloutissent des sommes astronomiques au détriment des citoyens honnêtes, il est logique de les accuser d’être en grande partie responsables des déficits publics et de vouloir les combattre »,

« Puisque le PIB ne cesse d’augmenter, il est logique qu’il y ait une place pour le financement des retraites »,

« Puisque le CAC 40 à lui seul génère plus de 100 milliards de bénéfice annuel, il est logique qu’une partie serve à financer les retraites (20 milliards suffiront, et encore, à partir de 2020 seulement0 »,

« Puisque la part des salaires dans le PIB ne cesse de diminuer au profit du capital(*) (ce qui représente 180 milliards d’€uros),  il est logique d’imposer davantage le capital ou d’inverser la courbe de répartition des richesses »,

« Puisque Nicolas Sarkozy prétend chercher la croissance avec les dents pour faire chuter le chômage, et donc augmenter le nombre de cotisants et baisser le nombre de bénéficiaires, il est logique que le financement de nos retraites en sera renforcé (**) »,

« Puisque le papy boom, qui accroît actuellement le nombre de retraités, va forcément s’arrêter un jour et que nous subiront un papy « creux », il est logique que le nombre de retraités va finir par diminuer à nouveau »,

« Puisque les femmes françaises font désormais 2 enfants par génération, alors qu’elles n’en faisaient que 1,7 lorsque le précédent rapport sur les retraites a été publié, il est logique que le nombre d’actifs se maintiendra mieux que prévu »,

« Puisqu’on est capable de mettre des milliers de milliards d’€uros pour sauver les banquiers consanguins, il est logique que l’on puisse financer nos retraites, nos hôpitaux, nos services publics, notre recherche, notre éducation. »,

« Puisque le chômage augmente de partout dans le monde, il est logique de chercher des solutions différentes et de lever le tabou du travailler moins pour travailler tous »,

« Puisqu’à 55 ans les entreprises considèrent les salariés comme moins performant et cherchent à s’en débarrasser, il est logique de respecter leur « bon sens » et de plafonner l’age de la retraite vers 55 ans. », …etc, etc, etc.

Une dernière question :

Pourquoi les libéraux, habituellement si confiant dans la capacité créatrice humaine lorsqu’il s’agit de risque nucléaire par exemple, du risque climatique ou lié à la pollution, sont-ils soudainement défiant envers la capacité d’innovation humaine lorsqu’il s’agit du financement des retraites ? Ne font-ils plus confiance en la créativité humaine ? A sa formidable capacité d’invention, d’innovation ? Seraient-ils comme ces obscurantistes, craintifs du progrès, ou comme ces immobilistes, refusant les réformes, au point de n’oser imaginer que l’Homme soit un jour capable de trouver 20 petits milliards ridicules par an pour sauver les retraites ? Quels défaitistes font-ils ! Quelle image rétrograde et en complète opposition avec leur idéal libéral montrent-ils soudain ! Auraient-ils une confiance à tiroir en la capacité créatrice de l’homme ?

Non bien sûr ! Mais, pour bien comprendre leur raisonnement, il faut comprendre leur objectif. Que cherchent-ils ? Que veulent-ils ? Et bien ni plus ni moins que d’appliquer l’autre partie de leur doctrine : le profit. Et pourquoi s’en priver puisque les citoyens ont désormais une peur bleue du chômage, peur de l’avenir, peur de l’état répressif, peur de l’appareil judiciaire ? Ils ne bougeront pas, trop affaiblis qu’ils sont par des salaires et des retraites de misère qui ne leur permet plus d’affronter l’injustice avec dignité, peur du lendemain avec la précarisation, la difficulté de se loger et de boucler les fins de mois, et bientôt, ils auront peur de ne plus pouvoir se soigner si la politique de destruction des services de santé se poursuit. Il ne leur restera plus qu’à courber l’échine avec soumission. Au mieux, certains se suicideront comme chez France Telecom ou Renault Guyancourt. Ils resteront tétanisés, bien sagement, à regarder le pillage organisé de l’état par ces prédateurs « profiteurs » qui s’enrichissent en toute indécence. « Et alors ! Quel est le problème ? » rétorquent-ils ?

Patrick Fournier

(*) Graphes « Explosion de la productivité » et « Réduction de la part des salaires dans le PIB »

graph-prod

graph-salaires1

(**)Si Nicolas Sarkozy était persuadé que la croissance allait revenir, alors il devrait intégrer que le nombre de chômeurs va diminuer et donc réduire les charges de l’assurance chômage. En parallèle, le nombre d’actifs augmenterait, ce qui ferait entrer plus de cotisations pour les retraites. Moins de charges d’un côté, plus de cotisations de l’autre; l’équation de rééquilibrage des finances publiques est d’une simplicité enfantine. Le fait que Nicolas Sarkozy n’intègre pas cette donnée, c’est qu’il ne croit pas dans la perspective d’une croissance forte et nous ment depuis toujours sur « la solution par la croissance » dont il sait qu’elle n’arrivera jamais. La seule solution viendra du travailler tous pour gagner tous, et donc d’un partage du travail et d’un partage des richesses ; d’une rémunération au mérite et non d’une rémunération élitiste réservée à la caste des héritiers du pouvoir et de l’argent.

graph-croiss1

L’argent ? Y en a en France !

Le président de la république  n’arrête pas de dire que l’Etat n’a plus d’argent !
Or, la France, les français et leur Etat disposent de ressources pour peu qu’on veuille les recenser d’une part et ne pas les gaspiller d’autre part.

Rémunérations et fortunes
Savez vous que :
– selon le classement du mensuel économique Challenges , les 50 plus grandes fortunes de France totalisent, en 2009, 130 milliards d’euros, le premier du classement , Gérard Mulliez possédant 15 milliards à lui seul et les 10 premiers 75 milliards ! Même si leur niveau s’est érodé avec la crise, le magazine souligne que les grandes fortunes s’en sortent bien « les gros patrimoines restent à des niveaux très élevés, après une croissance gigantesque ces dernières années. Entre début 1996 et début 2008, les dix premières fortunes françaises estimées par Challenges ont été multipliées par cinq. Une envolée très supérieure à celle du patrimoine de l’ensemble des ménages, qui a été multipliée par 2,7 sur la même période. » Et encore certains économistes pensent que les chiffres de Challenges sont sous-estimés…. Par exemple parce qu’ils n’incluent pas les comptes bancaires dissimulés à l’étranger …
A comparer avec les dépenses prévues du budget 2010 de la France : 384 milliards d’euros.
http://www.challenges.fr/classements/fortune.php

– le rapport de décembre 2009 de la société Proxinvest montre que la rémunération annuelle moyenne des dirigeants des 40 sociétés cotées au CAC 40 se monte à 3,6 millions d’euros (soit 300 000 euros mensuels ou 300 SMIC). Le rapport mentionne que « les présidents français sont parmi les mieux rémunérés en Europe, juste après leurs voisins latins et plus de quatre fois leurs homologues allemands et néerlandais »
http://www.proxinvest.com/index.php/fr/news/read/82.html

– entre salariés, les inégalités de salaires se sont creusées ces dernières années, selon une étude de l’INSEE. Au cours des dix dernières années, les 0,1 % les mieux rémunérés (environ 13 000 salariés) ont vu leur salaire mensuel brut progresser (inflation déduite) de 19 374 à 24 000 euros, un gain de 28 % soit 5 426 euros. Pour la plupart des 60 % des salariés les moins bien payés, le gain n’a pas dépassé les 130 euros.
http://www.lesmotsontunsens.com/inegalites-salaires-france-insee-5005

Et comme le montre le résultat des déclarations d’impôts de 2008, publié par le magazine capital, Chaville figure en bon rang des communes comportant des hauts salaires:
http://www.capital.fr/le-magazine/extras-online/extra-on-line-magazine-capital-decembre-2009/exclusif-la-nouvelle-france-des-riches-453584
Sur 10 654 foyers fiscaux Chavillois, 600 (5.6%) ont un revenu fiscal annuel supérieur à 97 500 euros (8 125 mensuel net imposable après déduction) : ces 600 foyers ayant un revenu annuel moyen  de 165 000 € (13 700 mensuel).
http://www.capital.fr/le-magazine/extras-online/extra-on-line-magazine-capital-decembre-2009/impot-sur-le-revenu-le-classement-de-4.000-communes-selon-les-revenus-des-foyers/(s)/1/(o)/u/(offset)/700


Des allégements fiscaux continus et injustes

Le rapporteur de la commission des finances du Sénat (Ph. Marini-UMP) et le président de la commission des finances de l’assemblée (D.Migaud-PS) s’accordent à analyser les tendances récentes :
– risque de diminution durable et subi des prélèvements obligatoires (c’est la somme des impôts, taxes et cotisations) déjà constatée depuis 2002, et accentuée avec la crise.
Le manque à gagner en termes de recettes représente la moitié du déficit actuel de l’Etat.
– injustice aggravée dans la politique fiscale appliquée depuis 2002 et aggravée depuis 2007 .
Les allégements et baisses d’impôts de multiples natures regroupées sous l’appellation de niches  fiscales représentent un manque à gagner de 70 milliards d’euros par an pour l’Etat.  « Il faudra réduire les exceptions, les régimes particuliers en ayant le souci de l’équité » précise le sénateur UMP Marini.
Quels sont ces cadeaux fiscaux ? abaissement des droits pour les successions les plus importantes, exonération des heures supplémentaires, bouclier fiscal ramenant l’impôt total versé à un maximum du revenu. C’était
la fameuse loi TEPA de 2007, qui entraîne une baisse d’impôts de 15 milliards chaque année. A noter que grâce au bouclier fiscal, en 2008, année de déclenchement de la crise, 834 contribuables disposant d’un patrimoine supérieur à 15 millions d’euros ont, chacun, perçu un chèque de l’État de 368 000 euros !
Y ont été  ajouté : refonte du barème de l’impôt sur le revenu (tranche maximale ramenée à 40%), exonération de charges et d’impôts sur les entreprises sans contreparties, baisse de la TVA sur la restauration. D’ailleurs,  selon un rapport récent, les 40 plus importantes sociétés françaises payent 2,3 fois moins d’impôts sur les bénéfices que les petites et moyennes entreprises, selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires publié par La Tribune : il arrive ainsi à un taux  d’imposition qui est de 30% pour les entreprises de moins de neuf salariés et passe à 13% pour les entreprises de plus de 2.000 salariés et 8% pour les entreprises du CAC 40.
Cette situation, dit le rapport, est due à ce que les sociétés appellent « l’optimisation fiscale », diverses techniques utilisées pour alléger la facture des impôts et qui passent souvent par une implantation dans les paradis fiscaux.
Sans doute que cette disparité de taux d’imposition entre les entreprises explique la difficulté des PME.
http://www.latribune.fr/depeches/reuters/les-groupes-du-cac-40-paieraient-moins-d-impots-que-les-pme.html

Depuis des années, la Cour des comptes sonne le tocsin contre « le maquis des multiples exonérations, abattements, déductions ou réductions » de charges sociales en tous genres, mais rien n’y fait. Le robinet fiscal continue de
fuir… Et tous les ans ou presque, de nouvelles mesures de défiscalisation sont instaurées…, Le volume de ces exonérations n’a jamais cessé d’augmenter, atteignant aujourd’hui la bagatelle de 32,6 milliards d’euros.
La cour des comptes conclut à  une efficacité « trop incertaine pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité »
Ainsi pour les entreprises et pour les particuliers, le gouvernement applique une politique fiscale injuste, qui explique largement les déficits actuels constatés. Pour résoudre la dette de la France, il sera nécessaire, à l’image de ce qui est prévu dans des pays voisins, de :

– revenir sur les exonérations injustifiées socialement et/ou économiquement
– réformer les taux d’imposition des particuliers et des entreprises, en
restaurant le caractère progressif de l’impôt (selon le principe républicain
de juste  contribution à l’impôt)
– alléger les impôts et taxes  des revenus contribuant à l’activité
économique au détriment de l’argent « dormant « et inactif

Au fait, vous connaissez les déficits des collectivités locales, communes, départements, régions ?
Réponse : aucun, la loi les oblige à avoir un budget à l’équilibre…..  »

Pierre Barret

« Too big to fail » so « too big to be free »

“Too big to fail”, telle est la raison invoquée pour sauver la plupart des banques et autres organismes financiers, voire même certaines grosses entreprises qui bénéficient d’aides de l’Etat.

Mais si le « too big to fail » prévaut, alors son corollaire devrait être “Too big to be free”.

Puisque « too big to fail » signifie, « Si je risque de mourir, l’état doit me sauver et payer », alors en contrepartie, l’état doit retirer sa liberté de gestion à ce « too big » et faire son entrée au capital.

Cette règle n’est ni plus ni moins que celle qui est appliquée dans le monde entier « Si je paye, alors je suis propriétaire et je prends les rênes de mon entreprise et c’est moi qui décide. »

Rien de tel s’agissant des banquiers !

La commission Européenne, généralement très tatillonne sur les aides apportées à une entreprise publique ou privée, ne trouve rien à redire sur les aides publiques astronomiques apportées aux banques alors même qu’aucune contrepartie ne leur est demandée.

Mais, est-ce vraiment paradoxal ? Est-ce vraiment contradictoire ?

Pas tant que cela, si on considère que les intérêts défendus par la Commission Européenne sont précisément ceux de la grande finance. Dans cette optique, il faut interdire aux Etats de soutenir financièrement tout service public dans l’espoir qu’il rejoigne un jour le giron des intérêts privés, mais également interdire d’aider toute entreprise privée afin de permettre aux prédateurs de s’en emparer à vil prix. Dans ce scénario, c’est la logique de la libre concurrence qui prévaut. Mais lorsque le château de cartes s’effondre, lorsque les intérêts financiers sont directement atteints, alors, plus question de laisser jouer la concurrence, il faut à tous prix sauver les meubles et faire cracher au bassinet le citoyen « otage ». Technique traduite par la formule « Privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes ».

Vu sous cet angle, le paradoxe de la Commission Européenne n’en est pas un. Au contraire, tout converge pour aider à soutenir le profit. Le soutenir, même lorsque celui-ci se met au service de la spéculation quitte à affaiblir l’économie réelle. Le soutenir, même lorsque celui-ci devient insoutenable.

Patrick Fournier

Votation pour la Poste : Quant un ancien directeur financier de Dexia dit ne pas supporter l’assistanat !

C’était lors de la votation citoyenne pour s’opposer au changement de statu de La Poste.

Rappelons que plus de 2 millions de personnes en France se sont prononcées pour le maintien du service Postal dans le giron du service public.
A chaville, en quelques heures, nous avons recueillis 520 signatures dont 500 « Non à la privatisation » et 20 « Oui ».

C’est précisément une personne ayant voté « Oui » à la privatisation de La Poste que j’interrogeais sur son choix.

Pendant la conversation, qui fût relativement courte, la personne m’apprend qu’elle est ancien directeur financier de la société Dexia.
Rappelons, pour ceux qui l’auraient oublié, que Dexia, première banque mondiale de financement des collectivités locales, a été sauvée par les Etats Français et Belge, c-à-d par le contribuable, pour 7 à 10 milliards d’€uros.
– L’ancien directeur financier poursuit : « Je suis un vrai libéral » me dit-il.
– J’acquiesce : « Soit, je respecte les vrais libéraux ».
– « Je suis contre toute forme d’assistanat » poursuit-il.
– « Vous dites refuser l’assistanat ? C’est l’Hôpital qui se fout de la charité » répliquai-je.
– … silence.
– … fin de la conversation.

Cet échange a au moins eu le mérite de me rappeler une évidence :
Les vrais assistés ne sont pas ceux que l’on jette habituellement à la vindicte populaire.
Les vrais assistés, ce sont les « too big to fail », ce sont les idéologues du conservatisme mondialisés auto-contrôlés, ceux qui se servent de l’État au lieu de le servir, ce sont les consanguins.

Il est vrais, qu’à raison de 7 milliards d’€uro, ce n’est plus de l’assistanat, c’est du vol !

A l’avenir, lorsque quelqu’un vous dira « En France il y a trop d’assistés. »,
Vous lui répondrez « Vous avez raison, il y a bien trop de banquiers incompétents ! »

Patrick Fournier

La Société du Grand Paris : attention danger

Par Bruno Lemoine,
ancien Maire-adjoint à Chaville (1995-2008)
collectif  « Avec vous pour Chaville »
Délégué fédéral Paris Métropole

En Île-de-France, cette rentrée 2009 se déroule sous le spectre du projet sur le Grand Paris et sur la création qui va avec d’une “Société du Grand Paris” dont nous savons à ce jour une seule chose : l’État y détiendrait, en tout état de cause, la majorité, et tous les pouvoirs de décision relèveraient de lui et de lui seul. (suite…)

Ces 100 milliards que les spéculateurs veulent faire payer aux Français (suite)

Que dirait-on d’un chauffard sous l’emprise de l’alcool qui, après avoir provoqué un accident ayant entraîné mort d’hommes, paierait les réparations de son véhicule personnel, mais serait dispensé de dédommager les familles des morts qu’il laisse derrière lui ? Ce serait un véritable scandale, la population ne le permettrait pas et la loi ne le permet pas.

C’est pourtant ce que sont en train de faire les établissements financiers !

La plupart des établissements financiers sont directement responsables de la crise économique actuelle. Ils sont également responsables du déficit abyssal qui en découle (100 milliards d’Euros en France rien que pour 2010 et à minima 60 milliards estimés pour 2011), sans parler des désastres moraux pour les centaines de milliers de chômeurs et des désastres économiques pour les centaines de milliers d’entreprises contraintes de repousser à plus tard leurs projets quant ce n’est de mettre la clé sous la porte. Pourtant, après avoir remboursés les prêts consentis par l’Etat pour les sauver, ces établissements financiers coupables se lavent les mains de ce déficit et laissent à la charge des citoyens victimes le soin de le payer (*).

Pire, ayant comme par magie, tiré un trait sur cette dette financière, économique, sociale et morale, ayant à nouveau le droit de spéculer sans contrôle réel, les banques peuvent rembourser les prêts consentis, et faire fructifier les milliards de bénéfices déjà réalisés, un an à peine après leur effondrement et leur sauvetage par la solidarité nationale (les premiers assistés de France, c’est eux), et se partager un milliard d’€uros pour les 100 « meilleurs » d’entre eux, c’est-à-dire les 100 « pires ».

Les établissements financiers sont des chauffards ivres de cupidité : ils se croient irresponsables et ne s’acquittent pas des morts qu’ils laissent derrière eux.

Patrick Fournier

(*) Ce déficit alimente la dette que les Français paieront éternellement sans jamais pouvoir la résorber. En effet, pour rembourser la dette, il faut emprunter. Qui dit emprunter, dit rembourser les intérêts de l’emprunt. Or le montant des intérêts de l’emprunt est d’une telle ampleur, et les revenus de l’Etat étant sans cesse laminés par des politiques idéologiques (paquet fiscal et TVA sur la restauration en étant des exemples caricaturaux), que désormais la dette s’accroît d’elle-même. C’est, comme le dit Jean Peyrelevade, « l’effet boule de neige : l’accroissement exponentiel des intérêts payés efface à lui seul l’amélioration spontanée du solde budgétaire ». Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle n’est pas non plus liée à la nouvelle crise mondiale. Elle est voulue, sciemment orchestrée pour permettre à quelques-uns de s’engraisser sans effort, simplement en s’assurant que l’Etat soit toujours déficitaire pour toujours avoir besoin d’emprunter et toujours être contraint de rembourser les intérêts. Le seul risque que courent ces tenants du capitalisme financier, ce n’est pas l’improbable faillite de l’Etat Français, ce serait l’avènement d’un gouvernement qui :

– déciderait d’auditer les banques pour en extraire tous les actifs toxiques et les faire supporter par ceux qui ont spéculés,

– traduirait en justice les responsables qui auraient mentis sur la santé financière des banques et permis la bulle spéculative de s’amplifier sans prévenir,

– déclarerait illégitime une partie des intérêts de la dette et ne la rembourserait pas,

– ouvrirait au grand jour les livres de compte des banques,

– referait le tri entre les banques de dépôt et les banques d’investissement, (lire l’article du 30 octobre sur LeMonde.fr >>> Faut-il interdire aux banques de spéculer ? )

– entrerait au capital des établissements financiers pour en assurer les bonnes pratiques et en garantir la transparence auprès de tous les citoyens,

– rétablirait le droit aux états de lever des prêts à taux zéro ou proche de zéro pour alimenter l’économie réelle,

– interdirait toutes transactions transitant par des paradis fiscaux et fermerait tous les établissements basés sur ces mêmes paradis fiscaux.

– Bref, qui prononcerait ces mots affreux, indécents, impossibles à entendre : « Les responsables doivent payer »

Ce gouvernement là, ne peut être issu que d’un milieu étranger à celui de nos élites auto-contrôlées, étranger au milieu des « consanguins ».

Ces 100 milliards que les spéculateurs veulent faire payer aux Français

 

par Patrick Fournier

________________________________________________________________________ 

Résumé de l’article :

 

Fin septembre, le gouvernement a ré évalué à 140 milliards le déficit de la France pour l’année 2009, au lieu des 52 milliards initialement prévus, soit 100 milliards de plus surtout si on y ajoute les 23 milliards de déficit de la sécurité sociale !

 

Ces 100 milliards sont directement la propriété de nos « as de la finance » !

 

Pourtant, ce sont les Français qui paieront cette dette et non les spéculateurs. Ces derniers ont réussi le tour de passe-passe de nous refiler le bébé.

 

A côté, même le paquet fiscal, avec ses 15 milliards d’€uros fait figure de nain financier.

 

Et pourtant, avec 100 milliards d’€uros, on peut payer 5,5 millions de personnes chaque année, bien plus que le chômage officiel qui ne serait que de 3 millions de personnes !

 

Et pendant ce tant là, nos financiers se demandent comment se répartir le milliard de bénéfice qu’ils ont mis de côté sur notre dos !

 

(suite…)

Grand Paris : l’Etat veut faire main basse sur les collectivités

par Bruno Lemoine

Présentation :
– Une dépêche de l’AFP est passée plutôt inaperçue cet été. Elle n’a que peu été reprise.
Pourtant elle annonce, en donnant des informations assez fiables, ce que va être le texte du projet de loi Grand Paris, particulièrement la création d’une Société du Grand Paris et qui ne va pas que réaliser un métro.
Ce texte, au grand dam des collectivités, fait la part belle à l’Etat dans les projets d’aménagement de l’Ile-de-France.
Ainsi, une société du Grand Paris, détenue majoritairement par l’État et indépendante du Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) présidé par la région, deviendrait le bras armé de ces dizaines de « projets d’infrastructures d’intérêt national (PIIN) qui relieraient le coeur de l’agglomération parisienne et les principaux pôles urbains, scientifiques ou technologiques, économiques, culturels ainsi que les aéroports internationaux et les gares TGV », précise l’avant-projet.
Sa composition ? L’État sera majoritaire et les collectivités locales seront présentes (article 8) « à hauteur de leurs contributions financières ». De fait, tenant compte des sommes à investir, seul le conseil régional et Paris pourront y accéder.

(suite…)

Paris Métropole un espace d’enjeux urbains

par Bruno Lemoine

Il s’est passé bien des choses depuis le 29 Avril 2009, date de l’inauguration au palais de Chaillot de l’exposition des travaux issus de la consultation internationale « le Grand Paris de l’agglomération parisienne » par le Président de la République.
En effet, dès le lendemain, le 30 Avril 2009, l’arrêté officiel de création du syndicat mixte d’études Paris Métropole a été publié.

Le nom Paris Métropole ne dit pour l’instant par grand-chose au public, quand on ne le confond pas avec le Grand Paris porté par Nicolas Sarkozy.
Il cache pourtant une structure d’un nouveau genre qui entend renouveler les relations entre Paris et ses banlieues.
(suite…)

Banquiers : 1 milliard de Bonus pour récompenser leur Echec

Chaque Français sait maintenant que le métier de banquier consiste à favoriser l’accès au crédit afin de faire tourner la machine économique.

Que constate-t-on aujourd’hui ? 20% de crédit en moins pour les particuliers, et un grand nombre de PME-PMI qui n’accèdent plus au crédit.

Bref, les banquiers font mal leur métier. Pourtant, les banquiers ont prévus 1 milliard d’€uros pour leurs Bonus ! Des Bonus pour récompenser leur folie spéculative. Des Bonus pour récompenser leur échec !

Que se passe-t-il lorsqu’un salarié fait mal son métier ? En général, son salaire est bloqué, il n’est pas rare que le salarié soit sanctionné, voire licencié, quant ce n’est licencié pour faute.

Que se passe-t-il lorsqu’un banquier fait mal son métier ? Et que croyez-vous que fasse Nicolas Sarkozy? Qu’il bloque leurs salaires ? Qu’il les sanctionne ? Ou qu’il demande leurs têtes comme il sait très bien le faire en d’autres circonstances ?

Au lieu de tout cela, Nicolas Sarkozy se fâche ou fait mine de se fâcher (*), exige des banquiers qu’ils distribuent plus de crédit sans se donner les moyens de les contraindre, et décide qu’1/3 du Bonus sera perçu tout de suite et le reste étalé sur 2 ans conditionné à l’obtention de bons résultats. In fine, et malgré ses rodomontades, Nicolas Sarkozy fait en sorte que les banquiers touchent bien le milliard de Bonus ! Il faudra seulement qu’ils soient un peu plus patient !

Il y a donc, 2 poids, 2 mesures, la sanction et les licenciements pour les salariés, la récompense et l’argent pour les banquiers, même si ce doit être au prix d’un numéro de virtuose médiatique de la part de notre président – comédien..

A cette injustice de traitement, s’ajoute l’immoralité. Lorsque Nicolas Sarkozy conditionne l’obtention des 2/3 de bonus restant à l’atteinte de bons résultats, de quels résultats parle-t-il ? S’agit-il des mêmes résultats que ceux d’aujourd’hui qui autorisent les banquiers à s’octroyer 1 milliard d’€uros ? S’agit-il des résultats liés à leur spéculation effrénée, dérégulée et sans contrôle, qui leurs permet de s’enrichir au détriment des peuples et qui a déjà conduit à l’effondrement du système ? Ou au contraire, ces résultats ne devraient-ils pas plutôt refléter la capacité des banques à faciliter l’accès au crédit ? A l’évidence, Nicolas Sarkozy, qui a décidé de ne pas entrer au capital des banques, et « respectueux » qu’il est de l’indépendance des banquiers, n’interviendra pas. Les banquiers décideront donc eux-mêmes de la façon d’apprécier leurs résultats afin de s’assurer de toucher les 2/3 de Bonus restant ! La conditionnalité affichée par Nicolas Sarkozy n’est pas prête de les effrayer !

La troisième injustice est celle de l’escroquerie financière. D’où vient l’argent qui servira à payer les bonus des banquiers et des traders, si ce n’est l’argent du contribuable qui a permis de sauver les banques ? 21 milliards d’€uros leurs ont déjà été apportés sur décision de Nicolas Sarkozy.

« Mais les banques rembourseront ces 21 milliards » nous rétorque-t-on ! Et comment rembourser ? En continuant à spéculer sur des opérations déconnectées de toute économie réelle ? Des spéculations qui poussent les acquéreurs à « optimiser leurs coûts », c-à-d à vendre les actifs des entreprises, à rogner sur l’investissement, à délocaliser et à licencier, avant de ne revendre en effectuant une belle plus-value. Jusqu’au jour où il n’y aura plus d’acquéreur assez fou pour acheter ces entreprises exsangues et que tout s’écroulera pour de bon ! Ou encore les banques trouveront des ressources en augmentant les conditions d’accès au crédit avec des taux à 8, 9, 10% ou plus. Chaque citoyen peut voir aujourd’hui que les collectivités territoriales et les municipalités, qui sont les premières victimes de ces taux de crédit exorbitant, les répercutent par l’augmentation vertigineuse des impôts locaux ! Enfin, pour que la pilule ne soit pas trop dure à avaler, et afin d’étaler les dépenses dans le temps, on fera et fait déjà appel à la dette que devront rembourser nos enfants et les enfants de nos enfants. Les banques n’ont jamais travaillées qu’avec l’argent des autres. Le remboursement des 21 milliards sera donc payé d’une façon ou d’une autre par les citoyens !

La dernière injustice est celle de l’absurdité économique. Si le crédit permet aux entreprises d’investir, d’innover, d’inventer, de créer, de distribuer de la richesse, d’embaucher, développer de nouvelles activités et faire vivre l’économie, à l’inverse, l’absence de crédit conduit les entreprises à réduire leurs investissements, à réduire leurs coûts, à se recroqueviller sur elles mêmes, à ne plus innover, ne plus créer, à stagner, à licencier, perdre des parts de marché, quant ce n’est à mettre la clé sous la porte. Les bonus versés aux banquiers sont autant d’argent qui ne servent pas le crédit et nuisent au développement économique.

En conclusion, loin de sanctionner les banquiers, Nicolas Sarkozy se livre à une manipulation médiatique, à des gesticulations dans le seul but de faire accepter le vol organisé du citoyen victime au bénéfice du banquier coupable.

Patrick Fournier

(*) Voir sur le blog l’Express.fr >>>  Moins de Bonus, ça n’a jamais fait un Malus