PS Chaville
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92 Connection.

Deux ex-fonctionnaires, Noël Pons, ancien agent de la Direction des impôts, et Jean-Paul Philippe, ancien commandant de la brigade financière de la police judiciaire et du Service central de lutte contre la corruption, traitent dans un livre des affaires polito-financières des Hauts-de-Seine : « 92 Connection »*. 

« Cet ouvrage a pour objet d’identifier la méthode, les outils et les leurres mis en place pour détourner la loi et se servir des collectivités comme d’une gigantesque vache à lait », expliquent les auteurs dans leur préface.

Dans ce département aussi riche que la Grèce, les poursuites judiciaires et les condamnations visant les élus ne se comptent plus. Le face à face avec les juges semble devenu un sport local pratiqué avec assiduité par des élus d’une droite ayant transformé le 92 en bastion électoral.

Dans le livre, un nom revient souvent, celui de Charles Pasqua.  L’ancien ministre de l’intérieur qui a longtemps dirigé le département (1988-2004), avant de céder son fauteuil à Nicolas Sarkozy avait très vite compris l’intérêt de s’assurer le contrôle d’un fief aux très confortables revenus fiscaux. Plus d’une vingtaine de grandes entreprises y ont en effet leur siège assurant au conseil général une généreuse manne financière.

Favoritisme et prestations douteuses
Le principal intérêt du livre réside dans le luxe de détails et de précisions qu’il apporte dans chacune des affaires relatées. Il permet de comprendre de manière plus claire la mise en place d’un système où le clientélisme, la fraude aux marchés publics ou encore les emplois fictifs, font bon ménage. 
Comme l’indique l’ouvrage, le départ de Pasqua en 2004 n’a pas changé grand-chose. Son successeur, Nicolas Sarkozy, maire de Neuilly depuis 1983, est promis à la plus haute destinée. Son accession à l’Elysée en 2007, renforce encore l’attrait du département pour tous ceux qui rêvent d’une grande carrière. 

Pour Noël Pons et Jean-Paul Philippe qui plaident pour un renforcement des moyens de la justice et des organismes de contrôle, il est temps que l’élite politique et administrative prenne conscience que le respect de la loi n’est pas un fardeau. I

* « 92 Connection. Les Hauts-de-Seine, laboratoire de la corruption? » de Noël Pons et Jean-Paul Philippe.
Editions Nouveau Monde. 19,90 €.

La « face sombre de l’ancien monarque » Sarkozy vue des Hauts-de-Seine.

C’est une petite grenade littéraire qui fait trembler la droite dans les Hauts-de-Seine, avant même d’être dégoupillée. Lancée mercredi 13 juin, à la veille du second tour des législatives, « Le Monarque, son fils, son fief  » (éd. du Moment) est un livre qui ressemble à une mine destinée à sauter au visage de certains élus proches de Nicolas Sarkozyy, propre à ébranler l’ancien président lui-même.
Son auteur, Marie-Célie Guillaume, est la plus proche collaboratrice de Patrick Devedjiann, le président (UMP) du conseil général des Hauts-de-Seine. Directrice de son cabinet, dévouée à la défense de son patron, elle retrace les guerres internes qui ont secoué la droite des Hauts-de-Seine depuis 2008. Le livre met en lumière « la face sombre », selon l’auteur, de Nicolas Sarkozy.
Et y retrace le fiasco des municipales à Neuilly en 20008, la tentative avortée de Jean Sarkozy de prendre la direction de l’Etablissement public d’aménagement de La Défense (EPAD) en 2009,  les complots ourdis par les élus du département dirigés par les Balkany pour destituer Devedjian, l’éviction sur intervention de l’Elysée de celui-ci de la présidence de la fédération UMP des Hauts-de-Seine en novembre 2010 au bénéfice de Jean-Jacques Guillet et pour finir, le psychodrame de sa réélection à la présidence du département, en mars 2011.
Au final, le lecteur retire du récit l’image d’un « monarque » despote et clanique, qui n’a de cesse d’humilier Devedjian coupable à ses yeux d’avoir prétendu « nettoyer les écuries d’Augias » de sa « principauté » des Hauts-de-Seine et d’avoir torpillé la carrière politique naissante du « dauphin » Jean.
En vendant, à sa façon, la mèche, Mme Guillaume remet le feu au poudres dans la droite des Hauts-de-Seine.

Inspiré de l’article de Béatrice Jérôme, journaliste au Monde.

ITINÉRAIRE D’UN ÉLU SOCIALISTE EN SARKOZIE par Guy Janvier. Avant-propos de Robert Badinter.

Guy Janvier est élu conseiller général des Hauts-de-Seine en mars 2004 lorsque Nicolas Sarkozy en devient président. S’il prétend vouloir faire de ce département le laboratoire de ses idées, N. Sarkozy comprend vite l’intérêt qu’il a de ne rien changer au « système » mis en place par Charles Pasqua.


Mais dans les Hauts-de-Seine, la politique est également un sport de combat. Guy Janvier a donné des coups et il en a aussi beaucoup reçus, des coups bas surtout. Parce qu’il a choisi comme territoire de jeu le cœur même du Politicus Circus, le bastion de ses adversaires, le temple du cynisme : j’ai nommé le département le plus riche de France dont les parrains ne sont autres que Môsieur Charles (Pasqua), le clown blanc Santini (qui ne fait plus rire personne), les inénarrables époux Balkany, et bien sûr un certain funambule nommé Nicolas. C’est donc là que Guy exerce sa vocation, lui qui est un idéaliste de la politique, qui croit à ce qu’il dit et fait ce qu’il croit.
Maire de Vanves puis conseiller général, Guy Janvier a pu mettre en pratique ses principes dans un environnement hostile. Mais il a également pu décortiquer au scalpel les procédés du président de ce conseil général, devenu président de la République.
À la veille des élections de 2012, l’auteur montre comment les Hauts-de-Seine pourraient devenir le laboratoire de la république irréprochable et solidaire voulue par François Hollande.

Vous pouvez commander le livre chez L’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?

 

9-2, les coulisses du département bling-bling

Les Hauts-de-Seine (le « 9-2 »), c’est le fief de Sarkozy et le royaume de ses fidèles. Le livre, 9-2, le clan du président (Fayard, sortie le 6 février), nous plonge dans les dessous de ce département «bling-bling», où se mêlent l’argent, le clientélisme, les scandales et les guérillas politiques en tous genres. Cela vaut le détour !

9-2, le clan du président

A lire : « Le plein s’il vous plaît ! » de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean (Seuil)

le plein s’il vous plait

Et si la hausse du prix du pétrole était le début d’une salutaire crise de désintoxication ? Et s’il fallait encourager cette hausse ? Si l’énergie ne vaut pas grand chose aujourd’hui, c’est que ni l’épuisement des ressources en pétrole, ni le coût du changement climatique, ne sont inclus dans son prix. Nous vivons dans l’illusion d’une source d’énergie inépuisable et bon marché, illusion qui nous masque les catastrophes climatiques, économiques et politiques à venir si nous ne faisons rien dès maintenant.

Il est temps pour chacun de nous de se montrer réaliste. Une taxe progressive et volontaire sur le pétrole profiterait non seulement à la nature, mais nous protègerait nous-mêmes, à commencer par les plus modestes, face aux mutations économiques à venir. Une idée forte et iconoclaste, pour un livre qui devrait inciter au débat.

A lire : « La face karchée de Sarkozy » de Philippe Cohen, Richard Malka et Riss (éditions Vents d’Ouest / Fayard)

la face karchée de Sarkozy

BD enquête sur Sarkozy, depuis son enfance jusqu’à l’avant présidentielle de 2007 : sa vie privée, ses réseaux médiatiques, ses manipulations, ses relations avec ses rivaux, sa prise de l’UMP, ses échecs et ses contradictions sont méthodiquement décriptés, toujours avec humour…

Inattaquable car extrêmement bien documenté, avec référence à la fin à tous les faits ou propos réellement tenus.

Une passionnante BD de salubrité publique à l’approche de la présidentielle.

À lire : « Un autre monde contre le fanatisme du marché » de Joseph Stiglitz

Stiglitz

Joseph Stiglitz est altermondialiste, pas antimondialiste. Il reste en effet convaincu que « la mondialisation est potentiellement porteuse d’immenses bienfaits, tant pour les populations du monde en développement que pour celles du monde développé ». De toute façon, la mondialisation est trop avancée pour qu’un retour en arrière soit possible. Mais il faut la réorganiser pour qu’elle profite effectivement à tout le monde.

L’auteur veut ainsi mettre en place une autre mondialisation, au sein de laquelle l’État serait réhabilité, à l’instar de l’Asie, où le commerce serait juste en accordant un traitement spécial aux pays pauvres, ce que certains traités de l’OMC intègrent déjà d’ailleurs. Il veut aussi une réforme du système monétaire mondial pour que le coût des emprunts des pays pauvres soit plus faible. Mais sur le fond, Stiglitz estime qu’il faut penser et agir à l’échelle mondiale. Les dirigeants ne doivent plus vouloir obtenir davantage pour leur propre pays, mais que les plus pauvres tirent profit de chaque décision. Il veut démocratiser les institutions internationales trop dominées par l’administration américaine et des pays les plus riches. Il veut instaurer un sentiment d’identité mondiale, pour débarrasser chaque décision des « externalités négatives » qui affectent les pays pauvres. La mondialisation ne sera profitable à toutes et tous que si elle est juste. Il faut pour cela renforcer le poids des plus pauvres dans les décisions mondiales.

A lire : « Devoirs de vérité » – François Hollande, dialogue avec Edwy Plenel – Stock

Livre d’entretiens, Devoirs de vérité est un dialogue sans complaisance entre François Hollande et le journaliste Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde : sur le bilan de la gauche au pouvoir, sur ses impensés et ses non-dits, sur ses contradictions, sur son projet et sur les espérances qu’elle peut lever. 9 ans après son élection à la tête du PS, 1 an avant une échéance électorale majeure pour la gauche, François Hollande a choisi de prendre la distance et le recul sur l’action des socialistes pour mieux esquisser l’avenir.
C’est un livre où le leader de l’opposition répond sans fard :
– sur la stratégie des socialistes au sein de la gauche : le PS propose un « contrat de gouvernement pour cinq ans, réactualisé et repensé à mi-mandat, avec un partage des responsabilités justifiant un accord électoral »
– sur le couple militant qu’il forme avec Ségolène Royal : « deux libertés »
– sur sa triple filiation politique : Mitterrand le « primat de la volonté », Delors « la culture du compromis », Jospin « la victoire de la raison ».
C’est d’abord un livre de « vérité ». Pas une vérité révélée qui devrait s’imposer à tous. Mais la vérité d’un homme qui refuse la duplicité et la démagogie. La vérité parce c’est la seule façon pour la gauche de s’installer durablement au pouvoir.

A lire : « Le capitalisme est-il moral ? » – André Comte-Sponville – Albin Michel

Le capitalisme est-il moral ? Nul ne peut se soustraire à la question puisque aucun d’entre nous n’échappe ni à la morale ni au capitalisme. Par son travail, son épargne et sa consommation, chacun participe à un système économique que les uns justifient et que d’autres condamnent au nom de conceptions éthiques. Deux démarches intellectuelles que le philosophe André Comte-Sponville passe au crible de l’analyse lucide. Une grille de lecture étonnamment claire, qui débouche sur un appel à la responsabilité.

A lire : « Les coulisses de la grande distribution » – Christian Jacquiau – Albin Michel

La France est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre d’hyper et supermarchés par habitant. Au nom du mythe des « prix bas », nous avons laissé depuis 40 ans se mettre en place une machine infernale, largement responsable du règne de la « mal bouffe », de la standardisation de la consommation et de l’appauvrissement économique. La grande distribution est la cause principale de la disparition du petit commerce, à Chaville comme ailleurs. Une pression croissante sur les fournisseurs, soumis au chantage des 5 grandes centrales d’achat, les pousse à rechercher sans cesse des coûts plus bas, et donc à supprimer des emplois ou délocaliser la production.
Il est de notre responsabilité de consommateur-citoyen, par nos choix quotidiens, de mettre un terme à ces dérives.