Acte de naissance de la métropole du Grand Paris (2/2). Réactions.

La Métropole du Grand Paris doit être une chance pour tous.
Il n’est pas question de la construire contre les autres. Mais de remédier à la complexité et au morcellement de l’organisation territoriale en Ile-de-France. Historiquement, la banlieue s’est construite dans l’anarchie. Ni l’échelon communal ni l’échelon intercommunal n’ont permis d’agir efficacement, l’intérêt général a prévalu sur les intérêts particuliers.
Il s’agit d’éviter le ridicule d’une capitale de la France sans structure métropolitaine. Paris restait au bord de la route alors que Lyon et Marseille avançaient ! Paris serait la seule ville, la région Île-de-France, la seule région à ne pas avoir une métropole digne de ce nom ? Au nom de quoi devrions-nous priver les Franciliens de cette forme de gouvernance qui fonctionne partout ailleurs ? La métropole du Grand Paris, simplifie, clarifie, démocratise, assure la solidarité et surtout, augmente l’efficacité des politiques publiques. Paris ne fait que rattraper son retard par rapport aux autres capitales mondiales.
Avec la métropole parisienne, 19 structures intercommunales vont être remplacées par une seule. Il n’y aura donc pas de strate supplémentaire. En portant l’affirmation de la métropole du Grand Paris, les députés ont instauré un interlocuteur unique au coeur de l’Ile-de-France : la métropole du Grand Paris (MGP). A partir du 1er janvier 2016, les habitants auront un « patron » politique chargé des objectifs de construction dans l’agglomération mais aussi de la lutte contre la pollution et de l’amélioration de la circulation.

Donner corps à cette métropole de rang mondial, dont la France a besoin.
Chacun doit dépasser ses intérêts particuliers, locaux ou politiques, pour promouvoir une métropole ambitieuse, efficace, démocratique et solidaire. La Métropole du Grand Paris (MGP) va permettre de faire émerger un véritable outil de gouvernance du Grand Paris. La seule solution, pragmatique et efficace, est bien de s’appuyer sur le périmètre de la petite couronne. Il faut donc résonner par territoires, les plus homogènes possibles, notamment pour traiter de l’urbanisme et du logement, première préoccupation des Franciliens. Dans ce contexte, la vocation de la Métropole sera d’accroître l’efficacité de la production de logements, respectueuse des normes d’économie d’énergie. Les 124 maires de la MGP garderont le pouvoir de signer les permis de construire. Ils conserveront les leviers de commande de la métropole puisqu’ils siégeront dans son assemblée délibérante.

Les Franciliens sont déjà métropolitains dans leur tête. On entend la critique de certains élus de droite sur ce projet de métropole qui n’est que le paravent d’une raison beaucoup moins avouable: la conservation de leurs bastions électoraux et de leurs ressources financières. Ils veulent rester entre eux, dans l’immobilisme et le conformisme. Mais les Franciliens sont déjà métropolitains dans leur tête : ils vivent tous entre Paris et la petite couronne. Il y a pleins de projets, comme Vélib ou Autolib, qui sont métropolitains. Sur ces projets, l’échelle régionale n’est pas pertinente, tout comme l’échelle de la Ville de Paris.  Car les 6,6 millions d’habitants connaissent à Paris, dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis les mêmes difficultés pour se loger, se déplacer, voire pour respirer un air de qualité.

 

Dix ans qu’on parle d’une métropole parisienne. C’est donc logique que cela finit par aboutir un jour. Là où régnait l’égoïsme communal érigé en art de vivre, on voit toujours quelques farouches roitelets de mairie. Mais aussi de plus en plus d’élus qui ont appris à élaborer du projet ensemble.  Par son opposition à la création de la Métropole du Grand Paris, le président du Conseil Général du 92, Patrick Devedjian, dit qu’il ne veut pas prendre part à cet effort indispensable de logements. Il ne se préoccupe ni de l’intérêt général, ni des conditions de vie des Franciliens et ne fait que défendre farouchement son coffre-fort. Cette attitude est d’autant plus scandaleuse qu’il n’hésite pas à engager le contribuable du département dans des aventures ruineuses comme celle de la future cité de la Musique qui sera édifiée sur l’Ile Seguin dans le cadre d’un PPP. Plus d’un demi-milliard d’euros hors taxe viendront grever le budget du département pour trois décennies et ce, pour un équipement bien éloigné du champ des compétences premières d’un Conseil Général.
Il est encore plus surprenant d’entendre le chef de l’exécutif départemental qualifier le projet de métropole du « Grand Paris » de réactionnaire alors que partout, le fait métropolitain s’impose comme la solution d’avenir en matière de gouvernance des grandes agglomérations. Ce qui est réactionnaire, c’est de défendre son « pré carré » envers et contre tout. Les Hauts-de-Seine n’ont pas vocation à vivre éternellement dans une bulle coupée du reste de la région capitale. La future métropole ne se fera pas au bénéfice de Paris ou du département de la Seine-Saint-Denis mais de tous les territoires franciliens.
La future Métropole va venir se substituer aux communautés d’agglomération existantes sur son périmètre. Aucun échelon technocratique supplémentaire ne viendra donc s’ajouter à ce que Monsieur Devedjian qualifie de « millefeuille administratif ». Cependant, si le Président du Conseil Général veut aller plus loin dans l’allègement de ce « millefeuille », nous l’invitons à rallier les parlementaires de tous bords qui sont partisans d’une rapide suppression des départements de Paris et de la petite couronne au sein de la future métropole sur le modèle de ce qui va se faire à Lyon.
A un moment, il faut savoir voir plus loin, dépasser les frontières territoriales et les égoïsmes locaux. Si l’on manque de logement dans notre métropole, c’est parce que certains maires refusent d’en construire. On se retrouve avec d’un côté des communes qui croulent sous les logements sans pouvoir de financer les services publics qui vont avec, et de l’autre côté, des communes qui ont décidé de bloquer toute construction ou de ne construire que du logement privé.
Ce déséquilibre risque d’entamer le dynamisme économique du Grand Paris, qui pèse tout de même 30% du PIB national. La MGP aura pour mission de lutter contre la crise du logement en Ile-de-France. Elle pourra, à la place de l’Etat, distribuer les aides pour le logement privé et social et impulser des opérations urbaines. La métropole du Grand Paris est  prévue d’abord  pour résoudre avant tout la crise du logement.

Relever les défis des villes monde du 21ème siècle. L’architecture de la future métropole parisienne n’est, au fond, pas si éloignée du volet institutionnel du Grand Paris proposé il y a quatre ans par le comité Balladur. Loin des postures idéologiques, chacun s’est dépassé pour construire l’intérêt général, pour pouvoir répondre aux défis des transports, du logement.  Les bassins de vie réels ne correspondent pas toujours aux circonscriptions administratives, aux intercommunalités et pas non plus forcément aux périmètres des Contrats de développement territorial qui sont en cours d’élaboration aujourd’hui. Quand on fait une comparaison avec d’autres métropoles comme Londres, Berlin, New York, Tokyo, on voit qu’elles ont toutes abandonné l’échelon communal pour ne retenir que des arrondissements qui seraient à peu près nos bassins de vie.  Le Grand Londres, entité supra communale qui comprend 8 millions d’habitants, planifie depuis 2007 l’effort de construction sur son territoire. C’est une étape majeure pour que Paris et sa métropole relèvent les défis des villes monde du 21ème siècle.
La commune va perdurer en France, et dans la métropole, dans tous les cas de figure parce que c’est l’échelon le plus proche et le plus démocratique qui reste pour les Français le plus pertinent et le plus consensuel. Il n’est pas question  de le supprimer mais de faire en sorte que les bassins de vie soient véritablement des coopératives de communes.
Le destin de ces 124 communes et de ses 6,7 millions d’habitants est lié. Cette intercommunalité unique correspond à la vie quotidienne des habitants et des usagers, en termes de mobilité, d’habitat et de services. Ce projet de métropole a été fait pour les franciliens, mais aussi pour renforcer l’attractivité de la région Ile-de-France. Si ces problèmes ne sont pas traités, la région restera fragilisée et ne pourra jamais être compétitive face aux villes-monde. Les habitants des communes sont aujourd’hui beaucoup plus métropolitains dans leurs esprits que les élus !

Une vision métropolitaine. Transports, prix des loyers, accès aux logements… sont en 2013 de vrais points noirs ! Le coût du logement est 50 % plus élevé que dans les villes de province. Nous savons que ces problèmes-là existent et qu’ils correspondent à des problèmes métropolitains. Le discours nouveau, c’est d’avoir une vision métropolitaine sur un certain nombre de questions.
Cette nouvelle métropole arrive donc à point nommé. Elle sera complémentaire du chantier du métro du Grand Paris que le gouvernement s’est engagé à faire rouler dès 2017. Ce projet de transport est censé contribuer au développement économique de l’Ile-de-France à condition qu’un autre défi soit relevé, celui d’y doubler le nombre de logements construits, avec un objectif de 70 000 par an d’ici à 2020. Les 72 gares du futur réseau du Grand Paris Express seront autant de nouveaux pôles urbains. Il faut voir dans la MGP un maître d’ouvrage capable de remédier aux pesanteurs.

Les gouvernements qui vont suivre iront-ils à rebours ? Faisons le pari aujourd’hui que non : aucun ne défera jamais la Métropole du Grand Paris, car c’est un outil de modernité.

Previous post
Next post

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *