PS Chaville
PS Chaville

Priorité à l’éducation avec 6770 nouveaux postes dont 839 pour notre académie

Le nouveau gouvernement s’est engagé à allouer de nouveaux moyens humains à l’éducation de nos enfants alors que M. Sarkozy avait supprimé en 5 ans l’équivalent de près de 10% des effectifs de l’Education Nationale.

La situation à la rentrée 2011 était devenue particulièrement préoccupante tant le nombre d’enseignant avait été réduit par le précédent Exécutif UMP. Aussi le Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, s’était employé à créer de nouveaux postes en urgence dès la rentrée 2012.

La rentrée 2013 sera la véritable rentrée du changement puisque cet effort sera renforcé avec quelques 6770 nouveaux postes dans le 1er et le 2ème degré répartis sur toute la France.

L’académie de Versailles, dont Chaville dépend, est d’ailleurs parmi celles qui auront le plus retenu l’attention des services du Ministère puisqu’elle comptera 839 postes supplémentaires en septembre 2013.

Félicitons nous de cette décision qui va permettre de renforcer cette pierre angulaire de notre société qu’est l’Education Nationale.

Contrat de génération : la mesure vise 500 000 jeunes

Le principe : la solidarité entre générations.
Le constat social est simple : les jeunes sont les premières victimes du chômage. Avec un taux de 24% pour les moins de 25 ans, ils sont souvent contraints d’accepter des contrats précaires. De leur côté, les seniors sont certes moins touchés (7%), mais pour les demandeurs d’emplois de plus de 55 ans, sortir du chômage est une mission quasi impossible.
A cela s’ajoute une analyse économique consensuelle : pour redresser ses déficits publics, de commerce extérieur, d’emplois et de compétitivité, la France doit travailler plus. Or plutôt que d’augmenter la durée de travail hebdomadaire, il semble plus cohérent d’augmenter la durée de travail sur l’ensemble de la carrière.
François Hollande propose donc un contrat destiné à inciter les entreprises à la fois à l’embauche des jeunes et au maintien des seniors. Ce ‘tutorat’ permettra de préserver des savoir-faire et d’intégrer durablement les jeunes dans la vie professionnelle. Sur le papier, tout le monde y gagne. Les jeunes, alors considérés comme une chance et comme un investissement plutôt que comme un risque ; et les salariés âgés, dont il est temps de reconnaître la valeur.

Le dispositif : le bâton et la carotte
Le gouvernement se fixe pour objectif 500.000 contrats d’ici à 2017. Pour y parvenir, il a prévu une carotte et un bâton. Le contrat s’adresse à tous les jeunes et toutes les entreprises, mais la loi fait la différence selon la taille de l’entreprise.
L’Etat n’aidera financièrement que les entreprises de moins de 300 salariés, partant du principe que les petites entreprises sont moins souples du point de vue de leurs effectifs, et que leur grand nombre en fait une réserve d’emplois importante

Toucher près d’un million de personnes
L’objectif est de toucher 500.000 jeunes, donc un million de personnes en incluant les seniors, en cinq ans. Le contrat de génération vient après la mise en œuvre des emplois d’avenir (voir Emplois d’avenir pour aider-les-jeunes-a-retrouver-un-emploi : Chaville ne s’y intéresse pas/), qui s’adressaient à une catégorie de jeunes, en grande difficulté, et une catégorie d’employeurs, et avant la fin de la grande négociation sur la sécurisation de l’emploi, qui doit se terminer avant la fin de l’année.
99% des entreprises sont concernées et pourront bénéficier d’une aide sonnante et trébuchante.
La prime, de 4.000 euros par an pendant 3 ans maximum, sera versée pour l’embauche en CDI d’un jeune de moins de 26 ans (moins de 30 ans si handicapé) et un salarié de plus de 57 ans maintenu en poste (55 ans si handicapé ou nouvelle embauche).

Quel coût ?
Le contrat de génération devrait coûter à l’Etat près d’un milliard d’euros par an quand le dispositif aura atteint son régime de croisière, en 2016.

Tribune groupe socialiste – Décembre 2012, Janvier 2013 – Chaville Magazine.

GPSO. La fusion avec Vélizy et Marnes-la-Coquette est actée pour janvier 2014.
GPSO qui concentre 60000 emplois, monterait à plus de 100000 avec Vélizy.
Ce regroupement échappe complètement à nos concitoyens car ils ne sont pas consultés.
Nous voyons bien que la montée en puissance de l’intercommunalité a profondément changé le paysage local, des décisions majeures y sont prises.
Et pourtant, elle est souvent vécue par les Chavillois comme une structure technocratique lointaine, ils se sentent peu concernés parce que non associés aux décisions.
GPSO se veut exemplaire et pourtant n’a jamais réuni de Conseil de développement représentatif des 7 communes; conseil où les acteurs économiques, les organisations socioprofessionnelles et syndicales, les représentants de l’enseignement, de la culture, du sport et de la santé, les habitants, les associations et les personnalités qualifiées donnent leur avis.
Y a-t-il discussion au sein des conseils municipaux de ce qui est du ressort de notre intercommunalité? Pas vraiment. Les communes doivent pourtant rester l’élément de base de la démocratie locale et de l’implication citoyenne.
La communauté d’agglomération va prendre des mesures concernant le contrat de développement territorial (CDT). Il s’agit d’énoncer les grandes lignes des projets urbains,
économiques, culturels et environnementaux en lien avec la réalisation du métro Grand Paris Express. Qui a discuté de ce document et où est la population dans tout cela?
La loi de finances 2012 a entériné la création du FPIC (Fonds national sur la péréquation des ressources intercommunales et communales). Rappelons que la péréquation est un mécanisme de redistribution visant à réduire les écarts de richesse et donc les inégalités entre les différentes collectivités locales.
Un pacte financier et fiscal est élaboré et va être proposé en décembre 2012. GPSO paierait une contribution de plusieurs millions d’euros. L’arrivée de Vélizy, commune très riche, dans une communauté d’agglomération considérée comme riche, pourrait également avoir une répercussion en matière de contribution au Fonds de Solidarité des Communes de la Région Ile-de-France. Toutes les communes de GPSO seraient alors concernées.
Tous nos vœux aux chavillois.

DEBAT LOGEMENT LUNDI 17 DECEMBRE.

Se loger décemment à un prix abordable : un droit pour tous : DEBAT LOGEMENT LUNDI 17 DECEMBRE 2012  20H – MAIRIE DE CHAVILLE;

CRISE DU LOGEMENT : QUELLES SOLUTIONS ?
Cherté des loyers, spéculation immobilière, construction HLM et avancement des projets locaux, rôle de GPSO dans le logement, projets gouvernementaux sur le logement…
AVEC
Bernard JASSERAND Conseiller municipal de Meudon, conseiller communautaire de GPSO
Brigitte RAVEL Présidente de la CNL 92 (Confédération Nationale du Logement)
Catherine LIME-BIFFE Secrétaire du Parti Socialiste Chaville
Thierry BESANCON Conseiller municipal Chaville, Agir

Se loger décemment à un prix abordable : Un droit
Le logement est un droit : Spéculation immobilière, retard dans la construction de logements sociaux locatifs, nombre insuffisant… Il est urgent de prendre des mesures sévères de lutte contre la spéculation foncière et d’obtenir le réengagement de l’Etat dans le financement du parc locatif social.

Le loyer ne devrait pas dépasser 20% des ressources du ménage

GPSO (Grand Paris Seine Ouest) , la communauté d’agglomération dont Chaville fait partie, a les moyens financiers de faire une politique ambitieuse en matière de logement mais ne le fait pas . Elle livre ses réserves foncières aux promoteurs et ne fait que le minimum légal en matière de construction de logements sociaux.

Le coût du m² atteint des chiffres astronomiques (plus de 7000€ en centreville de Chaville) et ceux qui souhaitent acheter, ne peuvent le faire sauf à s’endetter.

Le nombre de logements sociaux est insuffisant (70% des ménages ont des revenus qui les rendent éligibles au logement social) et en inéquation par rapport à la demande. Leur loyer trop élevé va jusqu’à près de 12€ le m².

Près de 7% des ménages occupant un logement social se voient imposer un surloyer du fait de la loi Boutin, le loyer atteint alors près de 40% des revenus voire plus. Il leur est impossible de se reloger dans des logements décents plus petits avec des loyers plus faibles

La situation en matière de logement sur notre territoire de proximité est préoccupante, tout comme elle l’est sur le plan national.

Emplois d’avenir pour aider les jeunes Chavillois à retrouver un emploi : Chaville ne s’y intéresse pas.

Tous les Maires du département ont été conviés à la présentation des emplois d’avenir, organisée le Préfet des Hauts-de-Seine, afin d’expliciter concrètement ce nouveau dispositif.
Afin qu’eux-même ensuite initie et développe une démarche en direction des jeunes sans emploi, âgés de 16 à 25 ans, et des personnes de moins de 30 ans reconnues travailleur handicapé, n’ayant pas ou peu de qualification.

Cette mesure clé du programme de François Hollande est subventionnée par l’Etat à hauteur de 75% du SMIC, afin de faire reculer le chômage des jeunes et redonner confiance en notre jeunesse,
L’objectif du gouvernement est de parvenir à la signature de quelque 100.000 emplois d’avenir en 2013 et d’atteindre le chiffre de 150.000 à compter de 2014.
Concernant les seuls emplois d’avenir, mesure d’urgence pour faire face au chômage des jeunes,  l’Etat consacrera  2,3 milliards d’euros en 2013 et 3 milliards en 2014.

Que compte faire Chaville de ce nouvel outil mis en place afin d’aider les jeunes à retrouver un emploi ?
La ville de Clichy a signé en présence du préfet des Hauts-de-Seine une convention d’engagement visant à l’embauche de 25 jeunes en emplois d’avenir d’ici à fin 2012.
Trois jeunes ont fait leur entrée dans la vie active au sein de la mairie de Clamart dans ce cadre là avec l’intégration dans les six mois d’une dizaine de contrats d’avenir sur des secteurs tels que les espaces vert, la petite enfance ou encore l’entretien des bâtiments municipaux.
La ville d’Asnières, prévoit d’embaucher 15 jeunes dans les prochains mois grâce à ces contrats aidés.
La mairie de Fontenay-aux-Roses a accueilli en Mairie les jeunes Fontenaisiens de 16 à 25 ans et les associations fontenaisiennes pour une présentation du dispositif des emplois d’avenir afin de mobiliser toutes les énergies et toucher le plus grand nombre.
(…)

On le sait, le chômage touche de plein fouet les jeunes. Les contrats d’avenir répondent à cette problématique. Dans un département où le pourcentage de demandeurs d’emploi de 16 à 25 ans est deux fois plus élevé que pour les autres catégories d’âge  et où il continue d’augmenter de façon inquiétante, plus 2.8 % en un an, et atteint 24.2 % au 3ème trimestre 2012, nous sommes surpris de constater que cette problématique du chômage des jeunes, sujet important et déterminant pour l’avenir de notre pays, n’a pas l’air d’intéresser notre ville. Nous n’avons toujours aucune indication sur ce que Chaville envisage dans ce domaine pour que le dispositif bénéficie au plus vite aux jeunes Chavillois. La ville ne s’est nullement engagé à signer une convention avec l’État afin de recruter des jeunes en « emplois d’avenir .

Le chômage n’est pas une fatalité, nous avons chacun notre rôle à jouer, la municipalité doit jouer pleinement le sien.

Intégration des immigrés : la France bonnet d’âne

Selon l’OCDE, le taux de pauvreté des immigrés en France est quatre fois supérieur à celui de la population majoritaire, contre deux fois dans les autres pays membres.

La France figure parmi les mauvais élèves en terme d’intégration de ses immigrés, selon une étude de l’OCDE publiée lundi qui compare pour la première fois la situation des étrangers installés dans ses pays membres.

Avec 11% de sa population née à l’étranger, la France se situe dans la moyenne des pays de l’Organisation de développement et de coopération économique (OCDE), qui abritent 110 millions d’immigrés soit 9% de leur population, selon cette étude.

Mais le taux de pauvreté des étrangers installés en France est de 21,1% contre 17,3% en moyenne pour les immigrés de l’OCDE. Et leur taux de chômage était de 14,5% en 2010 contre 11,9% en moyenne dans l’OCDE.

Plus grave, les inégalités sont plus marquées dans l’Hexagone : le taux de pauvreté des immigrés y est quatre fois celui de la population majoritaire, alors que ce rapport n’est que de un sur deux en moyenne dans l’OCDE.

Les Pays-Bas et la Belgique ne font guère mieux, mais la France se distingue sur un autre critère: la concentration des étrangers dans les zones très urbanisées.

Dans l’ensemble de l’OCDE, 60% des immigrés vivent dans ces zones, contre 44% de la population globale. L’écart est le plus fort en Autriche et en France où 70,9% des étrangers habitent en ville.

Pour les auteurs de l’étude, le succès des descendants d’immigrés «constitue bien souvent la référence de toute intégration réussie de leurs parents». Là encore, la France ne brille guère. Leur taux de chômage est de 15,6% en France contre 13,8% en moyenne dans l’OCDE.

OCDE (2012), Trouver ses marques : Les indicateurs de l’OCDE sur l’intégration des immigrés 2012, Éditions OCDE. (Libération 03/12/2012)

La ville de Chaville ne peut plus ignorer la réforme sur les rythmes scolaires.

Le projet de Vincent Peillon pour la «refondation de l’école» est prêt, le texte de loi sera présenté en Conseil des ministres fin janvier.

La réforme des rythmes scolaires : Les communes auront le choix et devraient se décider début janvier. Soit elles décident que leurs écoles appliquent la semaine de quatre jours et demi à la rentrée prochaine, soit elles attendent un an de plus.
Un fonds spécifique de 250 millions d’euros sera proposé, selon certains critères non encore définis, aux communes qui appliqueront la réforme dès septembre 2013. Les écoliers continueront à avoir 24 heures d’enseignement par semaine, mais réparties différemment. La durée de la journée ne devrait pas excéder cinq heures trente, et la demi-journée du mercredi (ou du samedi par dérogation) pas plus de trois heures trente contre les trois heures initialement prévues. La durée de l’année scolaire reste à 36 semaines pour 2013-2014, mais pourra évoluer dans le futur.
La ville de Chaville ne peut donc plus ignorer cette réforme sur les rythmes scolaires. Elle doit anticiper la manière dont elle assurera la continuité entre les temps scolaires et les activités périscolaires.

Une langue étrangère dès le CP : un enseignement en langue vivante devient obligatoire dès le CP, pour améliorer les résultats des élèves, jugés «alarmants».

Nous demandons qu’une dynamique au niveau locale à Chaville se mette en place rapidement. Seule une concertation locale riche permettra de trouver des solutions harmonieuses pour toutes les parties dans le souci de la réussite et de l’épanouissement des enfants. Nous souhaitons donc un débat ouvert associant les personnels de l’éducation, les élus locaux, les parents et le tissu associatif.

 

Du discours à la réalité : omissions du député-maire de Chaville quand il se plaint du budget 2013.

« Le budget 2013 se prépare à Chaville » lu sur le site de JJ Guillet. Nos commentaires sont en bleu.

« Bientôt nous examinerons le budget communal de Chaville. Les enjeux sont importants : il s’agit d’être vigilants … En effet, dans un contexte économique de crise qui pèse sur les communes comme sur les foyers, le Gouvernement et sa majorité s’apprêtent à baisser les dotations de l’Etat aux collectivités (rappelons simplement que ces dotations ont été systématiquement baissée sous le gouvernement Sarkozy; JJ Guillet, député, les avaient toutes votées à l’époque) et surtout à alourdir les charges de péréquation (nous y reviendrons plus loin) entre les communes dites « riches » en fonction de critères éminemment politiques et les communes défavorisées. Les critères de cette péréquation ne reposeront en rien sur la qualité de la gestion mais, en grande partie, sur les ressources de la population. Chaville se retrouve ainsi classée parmi les communes favorisées alors que nos marges de manoeuvres sont très étroites.

Chaville est ainsi en 2012 contributrice, pour la première fois, au Fonds de solidarité régionale d’Ile-de-France (le maire JJ Guillet a l’air de découvrir sous Hollande une réalité décidée portant sous Sarkozy, après négociation avec le gouvernement de l’époque sur l’allongement d’un an de la montée en charge de ces Fonds : et qui a été finalement retenu … par les députés UMP de la majorité de l’époque dont un certain JJ Guillet). Elle l’est également au Fonds de péréquation intercommunale (FPIC) (et avec l’entrée décidée de Vélizy (ville riche) dans GPSO (considéré déjà comme riche) dont JJ Guillet est vice-président, cela ne va pas s’arranger ! Si vous unissez deux riches, vous obtenez un gros riche, et la péréquation externe continue à jouer à plein. Risquant de mettre en péril les ressources des communes dans les années qui viennent :  résultat, la note s’élèvera à 2,6 millions d’euros pour GPSO et serait de 10,5 millions en 2014 et de 20,5 millions en 2016, si les mesures votées à l’époque sont appliquées. Il est clair que cela voudra dire un réexamen des dotations de compensation et des fonds de concours au sein de GPSO et donc des besoins de financements non pourvus).

La municipalité a anticipé sur ces décisions profondément injustes (mais pourquoi donc  JJ Guillet les a t’il voté ?). L’effort réalisé en matière de gestion au cours des dernières années (lorsque la communautés GPSO crée un emploi, Chaville n’en  supprime pour autant :  les effectifs globaux de GPSO ont progressé de plus de 50% ! ), la solidarité intracommunautaire qui se met en place à travers le pacte financier entre les communes de GPSO (Grand paris Seine Ouest /lien) (sauf que l’adhésion de Vélizy à GPSO pourrait avoir d’intenses répercussions en matière de péréquation : une conséquence qui pourrait être une lourde augmentation de la ponction au titre du Fonds de solidarité d’Ile de France, une ponction beaucoup plus lourde sur les finances de GPSO que ce que Vélizy pourrait lui apporter et mettrait à mal la solidarité intracommunautaire), nous permettent aujourd’hui d’écarter tout risque de voir retomber sur les contribuables Chavillois les conséquences des décisions prises à l’échelle nationale (décidées par le gouvernement de l’époque, celui de Nicolas Sarkozy, dont notre député- maire apportait son soutien)« .
….

 

« Les hommes aussi ont tout intérêt à jouer le jeu de l’égalité entre les sexes »

Dans un chat avec les internautes du Monde.fr le 30/11/2012, Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales et auteure de Petit traité contre le sexisme ordinaire (Albin Michel, 2009), salue les annonces du gouvernement en faveur de l’égalité des sexes.

Visiteur : Que pensez-vous du plan annoncé par le gouvernement ce midi ?
Brigitte Grésy : Ce que je trouve de tout à fait important, c’est que ce plan se mette sous une double mobilisation : il y a à la fois la mobilisation des personnes, de tous les acteurs ministériels – et c’est essentiel parce qu’on voit bien que l’égalité, il faut la traiter avec l’ensemble des composantes de la société.
La deuxième mobilisation, c’est le fait de traiter ensemble tous les sujets de l’égalité. Ce qui est important dans l’égalité, c’est une approche globale, ou systémique, c’est-à-dire qu’il faut à la fois travailler sur l’égalité professionnelle, sur la parité politique, la défense des droits des femmes, et notamment la lutte contre les violences, la question du partage des tâches entre hommes et femmes, et enfin, la question des systèmes de représentation.
Et ce qu’on appelle le sexisme ordinaire. Parce que l’égalité bouge dans les textes, mais pas dans les têtes.

Visiteur :  Qu’en est-il de l’éducation scolaire précoce (maternelle, primaire et secondaire) concernant l’égalité des garçons et des filles, de la lutte contre les discriminations sexistes… ?
L’école, dès la maternelle, mais même avant – je rends à la ministre un rapport le 14 décembre sur la socialisation des petits garçons et des petites filles dans les crèches – est un lieu de socialisation, où finalement les filles et les garçons sont en quelque sorte assignés à des rôles prédéterminés et qui les empêchent d’imaginer tout le champ des possibles.
Ils sont coincés dans des rôles. Et à l’école, de surcroît, les enseignants eux-mêmes ont des attentes différenciées pour les filles et les garçons. En gros, dans un cours de maths par exemple, on a constaté que les interactions entre le professeur et les garçons étaient beaucoup plus nombreuses que les interactions entre le professeur et les filles. Et ce qui est grave, c’est que cela débouche sur des métiers extrêmement cloisonnés, puisque près de la moitié des femmes sont cantonnées dans dix filières professionnelles, sur plus de 80. Ce qui est essentiel, c’est de former les professeurs et les élèves.

Miki : Qu’appelle-t-on « sexisme ordinaire » et comment se manifeste-t-il ?
J’ai écrit en 2009 Petit traité contre le sexisme ordinaire. Le sexisme ordinaire, ce sont tous ces signes, ces paroles, ces comportements qui délégitiment, infériorisent, déstabilisent une femme, l’air de rien, de façon sournoise.
Par exemple : « alors, ma petite, ça va bien ? » ; « c’est vrai ce qu’elle dit ? » en s’adressant à tous les hommes d’une réunion après la prise de parole d’une femme. Les exemples sont infinis. Et ce sexisme ordinaire crée de la souffrance chez les femmes, parce que cela porte atteinte à leur identité au travail.

Laura : Au quotidien, comment lutter contre les actes de sexisme ordinaire dans toutes les sphères de la vie publique et privée ?
Il y a deux façons de répondre. Il y a les politiques publiques collectives. Chaque fois qu’on promeut des femmes, y compris par des quotas, chaque fois qu’on donne des responsabilités à des femmes, on crée des modèles identificatoires, on casse des stéréotypes, et c’est un appel vers le haut pour tout le monde.
Mais il faut aussi une résistance individuelle à cette oppression. Le sexisme n’est pas acceptable, d’autant qu’il est souvent masqué sous les habits d’une fausse séduction. Donc les femmes, notamment dans les réseaux de femmes, doivent en parler, et imaginer des solutions de réponse et de refus au sexisme ordinaire.

Visiteur : Dans la sphère professionnelle, les moyens déployés sont-ils à la hauteur des enjeux ? Le plan proposé ne risque-t-il pas de n’être qu’une déclaration d’intention de plus ?
La question, c’est toujours l’écart entre les textes, les lois, et les faits réels. La nouveauté aujourd’hui, dans ce plan, en ce qui concerne l’égalité professionnelle, c’est que sont établis clairement les moyens du contrôle des accords d’égalité en entreprise, et de la sanction possible.
L’administration du travail va contrôler les accords et les plans sur dossiers, mais il faut aussi, avec les inspecteurs du travail, aller sur place, dans les entreprises, et les entreprises qui ne se seront pas conformées à la loi seront sanctionnées. Et la sanction est, je crois, dissuasive et peut inciter à la vertu égalitaire.

Visiteur : Que pensez-vous des dérives que peut prendre ce genre de débat ? Exemple : la galanterie serait sexiste ? Personnellement, j’aime cette « tradition » et j’aime prêter une attention particulière à ma compagne en toutes circonstances.
Cette question est fondamentale. Parce que, effectivement, il ne faut pas confondre le sexisme et ce qu’on appelle la galanterie du côté des hommes, ou encore la coquetterie du côté des femmes.
Nous avons en France une tradition de « commerce » entre les hommes et les femmes extrêmement agréable. Mais le sexisme, ce n’est pas de la séduction. La séduction, ça se joue à deux ; la galanterie, ça se joue à deux ; alors que le sexisme est une fausse séduction qui impose de façon unilatérale à une femme une prétendue attention. Mais en fait, cela contribue à la réifier, et non pas à en faire une personne avec qui on est en interaction.

Valentine : Pour Carla Bruni, sa génération de femmes n’a « pas besoin de féministes ». Tout a déjà été fait… Est-ce que vous même, dans votre travail, vous avez l’impression que prévaut ce discours disant « ce que les femmes ont acquis c’est déjà beaucoup, alors de quoi se plaignent-elles » ?
Aujourd’hui, la question n’est pas de dire que les femmes ont acquis des droits. D’abord, ces droits sont toujours très fragiles, et les inégalités demeurent extrêmement fortes dans notre société entre les hommes et les femmes.
Je rappelle que les deux tiers des bas salaires, ce sont des femmes. Les femmes sont deux fois plus souvent au smic que les hommes. Mais la question, c’est que les hommes aussi ont tout intérêt à jouer le jeu de l’égalité.
Car notre société, de ce point de vue, est bancale, et la parentalité partagée entre les hommes et les femmes peut être aussi source d’enrichissement très fort pour les deux sexes. Donc c’est bien d’un nouveau contrat social entre les hommes et les femmes qu’il est question, et non pas d’une sorte d’arrachement de droits du côté des femmes.

CupOfTea : Ne pensez-vous pas que aujourd’hui les associations féministes les plus représentées dans les médias s’occupent trop de futilités les décrédibilisant (je pense notamment à La Barbe et ses polémiques sur « mademoiselle », le numéro de la carte de sécurité sociale…) plutôt que des vrais problèmes ?
De même que je disais que la mobilisation doit être double, je crois que les formes d’action pour l’égalité sont forcément multiples. Nous avons de nouvelles formes de militantisme qui sont sur le registre du théâtre, un peu, de l’agit’ prop. La barbe est une de ces formes en jouant le jeu de l’ironie. On prend le parti de l’oppresseur. La barbe parle un faux discours masculin. Dans les manifestations des Femen, les femmes jouent de leurs attributs sexuels pour revendiquer leur place dans la société.
Dans les deux cas, c’est une mise en visibilité par des actions provocatrices de l’oppression des femmes. Ces choses-là ne font qu’accompagner et renforcer les autres formes de lutte, mises en oeuvre par les pouvoirs publics ou les associations qui aident, par exemple, les femmes victimes de violences. Elles n’utilisent pas les mêmes outils, mais ont aussi un impact, l’une par l’humour ou la provocation, et l’autre par la prise en charge directe des inégalités.
Chaque type d’action a sa place.

Visiteur : Je suis un homme, je suis totalement favorable à l’égalité des sexes, mais j’estime qu’utiliser des expressions telles que « résistance à l’oppression » porte des relents de vieux féminisme de combat qui décrédibilisent totalement la démarche actuelle.
C’est vrai qu’il y a un discours qui met l’accent sur ce qu’on appelle la domination masculine. Je crois qu’il faut montrer de façon réaliste les inégalités, avec des chiffres, pour pouvoir mieux les combattre et, de fait, les chiffres montrent que les hommes occupent des positions meilleures que les femmes dans la société.
Par exemple, les femmes font une heure et demie de plus par jour de travail domestique et parental non rémunéré, et les hommes font une heure et demie de plus par jour de travail rémunéré dans la sphère professionnelle.
Il faut dénoncer ces inégalités, et les femmes doivent se battre pour les dénoncer. Mais il faut à la fois que les hommes jouent le jeu de l’égalité, parce que, encore une fois, l’égalité est aussi pour eux, pas que pour les femmes. L’égalité est un principe de transformation de la société pour les femmes et pour les hommes.
Le langage ne doit pas exclure un sexe, il faut utiliser des termes incluant les hommes dans notre combat pour l’égalité. Mais c’est quand même un combat.

Visiteur : Il existe des différences biologiques entre les hommes et les femmes ; ne serait-il pas plus logique de les accepter et de les compenser au lieu de les nier ?
Il n’est pas question de nier les différences biologiques entre les hommes et les femmes. Ce que l’on peut dire, c’est que ces différences sont surinvesties et que les agents de ce surinvestissement, ce sont les stéréotypes.
Les études scientifiques actuelles, notamment neurobiologistes et autres, montrent qu’il n’y a pas de différences très fortes entre les filles et les garçons, hormis peut-être la motricité, vers un an. Et que donc, par l’apprentissage, on peut arriver à permettre aux filles et aux garçons de se projeter dans tous les possibles, sans être assignés à des sphères d’activité ou à des rôles précis.
Donc on peut reconnaître des différences biologiques sans les traduire par une hiérarchie d’un sexe sur l’autre. Et pour cela, il n’y a que l’apprentissage qui permet de déconstruire les stéréotypes. Les différences ne veulent pas dire qu’il y a des inégalités.

Amina : Quelque chose pourrait-il être fait pour empêcher les représentations sexistes dans la publicité et  notamment dans les catalogues de jouets encore divisés entre « filles » et « garçons »?
C’est un sujet absolument crucial. Un rapport récent sur la place des femmes expertes dans les médias montre qu’il n’y a que 18 % de femmes expertes, alors que les femmes représentent 50 % et les deux tiers des diplômés du 3e cycle. Une démarche d’autorégulation a été engagée avec les médias, mais aujourd’hui, le gouvernement a annoncé que le Conseil supérieur de l’audiovisuel va s’emparer de ce sujet de l’égalité et des conventions vont être signées entre France Télévisions, Radio France et l’Etat, pour que des engagements soient pris pour donner plus de place aux femmes.
Aujourd’hui, les médias offrent un miroir déformé de la réalité, comme s’il y avait une énorme zone noire qu’ils ne voulaient pas refléter. Et cette zone noire, ce sont les femmes.

Visiteur : Est-ce qu’il y a eu des progrès dans ce domaine au cours des dix ou vingt dernières années ?
Il y a eu un peu de progrès dans la publicité, car l’autorité de régulation de la publicité a travaillé avec les médias pour qu’ils respectent l’image de la personne humaine et n’incitent pas à la violence, notamment. Donc il y a eu un peu moins de « porno chic » pendant quelques années. Et les manquements sont plus rares.
Mais il reste toujours des stéréotypes très forts qui infériorisent les femmes et des stéréotypes très forts aussi sur les hommes, où on refuse de les montrer comme des pères attentifs ou des pères compétents. Il y a toujours un soupçon d’incompétence pour les hommes quand ils sont pères, et un soupçon d’incompétence pour les femmes dans la sphère du travail. Et cela est grave.

Visiteur :  Que pensez-vous du sexisme « intériorisé » par les femmes, ce qui fait que parfois les femmes aussi sont sexistes envers les autres femmes ? Comment combattre ce phénomène ? Pourquoi le discours est uniquement orienté vers les rapports hommes-femmes ?
Le sexisme est double. C’est un sexisme contre autrui, contre les femmes, et là, les hommes sont sexistes, mais aussi les femmes aussi, car elles ont été aussi formatées depuis l’enfance, et il peut arriver qu’elles ne soient pas solidaires des autres femmes.
Mais je crois que majoritairement, la solidarité féminine progresse à grands pas. Et par ailleurs, il y a une deuxième forme de sexisme : celui qu’on retourne contre soi-même. Cela veut dire que les femmes se limitent elles-mêmes, s’autocensurent, n’osent pas demander de promotion, d’augmentation, comme si elles ne se sentaient pas assez légitimes pour le faire.
Mais là encore, ce n’est pas une question de nature, c’est une question d’histoire. Les femmes sont de nouvelles entrantes sur le marché du travail, et n’ont pas encore la légitimité omniprésente des hommes.

Visiteur : Je travaille dans une grande entreprise et je constate que le fait de légiférer, d’imposer des quotas et des sanctions, crée plus de tensions que de solutions dans la pratique : des hommes se braquent et des femmes n’ont aucune légitimité car elles sont considérées ne devoir leur poste qu’à leur sexe.
Le problème, c’est que l’égalité ne s’obtient que par la contrainte. Si on laisse le temps au temps, rien ne se fait. Et il n’y a que le chiffre, que la mise en tension par le chiffre et par des indicateurs, qui permet d’avancer.
Donc il faut dédramatiser les quotas. Auparavant, il y avait des quotas invisibles pour les hommes, c’étaient les quotas de leur cooptation. Aujourd’hui, il y a, pour les conseils d’administration seulement, des quotas parfaitement transparents. Mais c’est vrai aussi que dans les entreprises, la gouvernance se donne des objectifs de progression pour les femmes.£µ
Les femmes, même promues par un quota, trouvent très vite leur légitimité, et n’ont donc pas à avoir peur des quotas.
Mais c’est vrai – et on n’en parle pas assez – que les hommes sont inquiets des quotas, parce que ce sont autant de places en moins pour eux. Et cela, on n’en parle pas. Cela veut donc dire que dans les organisations de travail, il va falloir trouver de nouveaux débouchés pour que tout le monte puisse progresser.

Visiteur : Vous prônez la « solidarité » des femmes entre elles pour lutter contre l' »oppression » de la classe dominante masculine : votre discours ressemble étonnamment au marxisme et à la lutte des classes…
Je crois que justement, je n’ai pas parlé d’oppression masculine. En tout cas, pas en ces termes. Je pense n’avoir cessé de dire que les hommes aussi ont tout intérêt à voir changer les rapports qui existent aujourd’hui entre les sexes.
C’est essentiel de dire que l’égalité entre les hommes et les femmes est facteur de progrès et de mieux-être pour les deux sexes.
Et je crois vraiment, notamment sur la question de la parentalité, que les hommes aussi ont beaucoup à gagner dans ce nouvel équilibre entre les deux sphères. Pour ma part, je ne me retrouve pas du tout dans un discours qui essaie de jouer les femmes contre les hommes. De toute façon, ma ligne de conduite, c’est toujours d’essayer d’enlever de la culpabilité dans ce sujet.
Enlever la culpabilité des femmes, qui sont toujours coupables ; et essayer de dénouer l’agressivité montante de certains hommes.

Clignotante : Actuellement, dans certaines grandes villes, il est difficile d' »être » une femme. Regards, propos, insultes, on a parfois l’impression de n’être qu’un paquet de viande. Comment réagissez-vous à cet état de fait ?
C’est vrai que la rue, parfois, devient difficile pour les jeunes femmes et pour les femmes en général. C’est pour cela que l’apprentissage du respect d’autrui est fondamental et doit être totalement intégré dans l’éducation à l’école.
Il est possible que les progrès en matière d’égalité et que le fait que les femmes occupent aujourd’hui toutes les places dans la société créent de l’amertume, et peut-être une incompréhension chez certains hommes, et que du même coup, cette opposition se reconfigure sous forme d’agressions.
Mais l’enjeu est plus que jamais de démontrer que l’égalité des femmes ne se joue pas contre les hommes, et en tout cas ne pourra pas advenir dans un climat de guerre des sexes.