Faux électeurs du Ve arrondissement de Paris : un «petit tripatouillage», plaident les avocats de Tiberi.

Selon la défense du maire du Ve arrondissement de Paris, la fraude électorale n’était pas «un système» mais «du bricolage, pas plus».

La défense de Jean Tiberi s’est attachée mercredi à relativiser l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris, la qualifiant de «petit tripatouillage» qui «n’intéresse plus personne» à part les adversaires politiques de l’élu UMP. «Nous sommes devant un petit tripatouillage, qui n’a jamais eu aucune conséquence», a affirmé l’un des avocats de l’ancien maire de Paris, Me Jean-Yves Le Borgne.

Il a souligné que la justice n’est saisie que de moins de 200 faux électeurs aux municipales de 1995 et législatives de 1997, soit «moins de 0,5%» du corps électoral de l’époque dans le Ve arrondissement. «Ca n’est pas un système, c’est du bricolage, pas plus, peut-être le coup de main maladroit que des militants ont pu donner», a affirmé Me Le Borgne.

L’avocat général, Bernard de Gouttes, avait décrit la veille dans son réquisitoire Jean Tiberi comme le concepteur d’«une opération massive d’inscriptions frauduleuses» dans le Ve arrondissement. Il avait estimé que les quelque 6 000 radiations effectuées sur les listes électorales dans les années 1997-98, après la découverte de la fraude, reflétait mieux son ampleur. Les parties civiles ont pour leur part assuré que les cas dont est saisie la justice ne représentent qu’«un échantillon» des inscriptions frauduleuses.

«Relativisons cette affaire, évitons l’exploitation politique !», a souhaité Me Le Borgne. «Vous n’avez rien pour condamner Jean Tiberi», a-t-il dit à la cour d’appel de Paris. «La vraie question est de savoir s’il a donné des instructions, ce qu’on ne sait pas», a-t-il ajouté, écartant les témoignages à charge d’anciens collaborateurs du maire du Ve.

«Cette vieille affaire n’intéresse plus personne, sauf ceux qui peuvent en tirer des bénéfices pour l’avenir», a ajouté l’avocat en allusion aux parties civiles, parmi lesquelles les conseillers de Paris Lyne Cohen-Solal (PS) et Yves Contassot (EELV). Le procès doit s’achever en fin de journée après les plaidoiries des conseils de l’épouse de Jean Tiberi, Xavière. La cour d’appel ne rendra sa décision que dans quelques mois.

Previous post
Next post

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *