Tribune groupe socialiste – Octobre 2012 – Chaville Magazine.

Histoire d’eau. Le marché français de l’eau est essentiellement dominé par deux grands groupes qui se partagent l’essentiel des appels d’offres des collectivités locales.  Véolia arrive largement en tête avec plus de la moitié du marché (24 millions d’usagers desservis). La Lyonnaise des Eaux (Suez Environnement) arrive en seconde position avec environ 30 %.  Quand on sait que la distribution de l’eau représente 12 milliards d’euros par an dont 5 milliards reviennent dans les caisses des deux multinationales, on comprend les enjeux.

Le prix de l’eau varie de 2,80 € TTC le m³ lorsque le marché est géré en régie directe par les communes à 3,80 € lorsqu’il est délégué donc facturé par les entreprises privées. Récemment, sur ce marché français de l’eau, Suez et Veolia ont durement été condamnés par le Conseil de la concurrence pour entente et abus de position dominante. Et la Commission européenne vient d’ouvrir une nouvelle enquête en début d’année comme quoi ces deux entreprises auraient « coordonné leur comportement ». Et qui se mettent du coup en violation des dispositions européennes qui interdit les accords et les pratiques concertées susceptible de restreindre la concurrence.

Sous surveillance, les deux géants se sont donc enfin lancés dans une « guerre des prix ». Véolia a du casser sa tirelire pour conserver le premier marché français de l’eau, celui de l’Ile-de-France. Le Sédif – présidé par André Santini – qui regroupe 144 communes (dont Chaville) de la région parisienne, a été contraint de proposer enfin une baisse du prix de l’eau, prix qui reste cependant toujours l’une des plus chères de France.

Contrairement aux idées reçues, la gestion publique de l’eau est en moyenne moitié moins chère que celle du privé. Ainsi, de nombreuses collectivités locales ont décidé de revenir en régie municipale pour la distribution d’eau. A l’exemple de Paris, Bertrand Delanoë a bouté Suez et Veolia hors de la capitale.

Les ONG préconisent que la gestion de l’eau soit concentrée entre les mains d’une autorité publique. Elles encouragent les collectivités locales à résister à la privatisation ou à revenir en régie publique. 90% de la distribution de l’eau dans le monde est en service public, comme aux Etats-Unis ou en Allemagne : le modèle français reste une exception !

Il est urgent que l’eau fasse l’objet d’une réappropriation citoyenne.

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