PS Chaville
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Assistanat ou protection sociale ?

Par Pierre Barret

On entend de plus en plus de discours donnant à penser que l’assistanat se développerait en France. IL n’y a ainsi pas de semaines, sinon de jours, taxant les chômeurs de fainéants, les bénéficiaires  des diverses allocations de profiteurs, tous étant accusés d’être, de plus, des fraudeurs, au détriment de leurs concitoyens ! Certains ont même été, récemment jusqu’à qualifier l’assistanat de « cancer » ? Outre qu’elle est injurieuse pour les personnes visées, cette formule est assez indigne vis-à-vis des personnes atteintes d’un « vrai » cancer.
D’abord qu’est-ce que ce mot d’assistance veut dire ? Tout simplement la mise en œuvre, directe ou indirecte, de quelques principes inscrits dans le préambule de la constitution et qui sont en quelque sorte le socle de notre vivre ensemble :

  • « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. » (art. 5)
  • « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. » (art. 10)
  • « [La Nation] garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. » (art.11

Ainsi, d’un strict point de vue juridique, les allocations familiales, les allocations logement, les allocations chômage et le RSA correspondent aux obligations que se sont donnés les citoyens français en adoptant leur constitution. Rappelons que ce préambule, issu de la constitution de 1946, est repris explicitement dans la constitution de 1958 qui nous régit.

1-De quoi s’agit-il ?

Les principales allocations sont :
-les allocations familiales (instituées à partir du 2ème enfant : 126€, puis 161€par enfants en plus)
-les allocations chômage : le montant est, au 01/07/2011 de 57% du dernier salaire ou 11,34€+40,40% du « salaire journalier de référence ». La durée de versements varie selon la durée de versements des cotisations et l’âge du demandeur d’emploi : pour une période travaillée de  16 mois au cours des 26 derniers mois, vous êtes indemnisé 23 mois quelque soit votre âge ; si vous avez travaillé 27 mois au cours des 36 derniers mois et que vous avez plus de 50ans, vous pouvez être indemnisé pendant 36 mois
-le RSA est de 467€ pour un célibataire sans enfant, 700 € pour un couple sans enfant ; un couple avec 2 enfants aura 981€.
Officiellement son montant s’élève à 467 € pour une personne seule, sans activité et sans revenus]. Cependant en pratique, elle est de 410 euros dans ces conditions. Ceci étant le cas par exemple pour une personne de 25 ans ou plus hébergée gracieusement par ses parents, le montant du forfait logement étant alors déduit du versement final, le montant de 466 euros étant un montant forfaitaire de base comme inscrit sur l’attestation mensuelle et qui n’est pratiquement perçu que par des personnes sans domicile.

2-Y-a-t-il des contreparties aux aides ?

On a tendance, souvent, à oublier que les contreparties existent :
-l’assurance-chômage, comme son nom l’indique, est assise sur des cotisations prélevées sur le salaire et payées par le salarié et l’employeur.

Les cotisations versées aux Assedic sont de deux ordres : la cotisation assurance-chômage, qui sert à financer les prestations de chômage versées par les Assedic, et la cotisation FNGS (fonds national de garantie des salaires) qui permet de garantir les salaires en cas d’ouverture d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.la première se monte à 2.4% du salaire, part salarié et 4%  du salaire part entreprise. La deuxième partie est une part entreprise de 0,30%.
Pour un salaire brut de 2000€, la cotisation globale se monte ainsi à 134€ par mois.
Comme toute assurance, habitation  ou automobile par exemple, elle fonctionne de manière mutualisée : ceux qui ont le sinistre bénéficient des primes de ceux qui paient. A noter que l’assurance maladie et les accidents du travail  fonctionnent selon le même principe ! Parle-t-on, là aussi d’assistanat ??
Pour «  bénéficier » de l’assurance-chômage, il faut, en règle générale, avoir été licencié, puis remplir certaines conditions de recherche d’emplois.

-les allocations et prestations  familiales :
Les entreprises versent 5.4% du salaire brut pour les allocations familiales, au sens larges.
Sauf pour les allocations familiales, proprement dites, les prestations familiales sont versées sous conditions de ressources. Les allocations familiales peuvent être suspendues pour absentéisme scolaire des enfants.

le RSA
Le revenu de solidarité active (RSA) est  entré en vigueur le 1er juin 2009 en France métropolitaine. C’est une allocation destinée  à garantir à ses bénéficiaires, qu’ils soient ou non en capacité de travailler, un revenu minimum, avec en contrepartie une obligation de chercher un travail ou de définir et suivre un projet professionnel visant à améliorer sa situation financière.
Le financement de ce nouveau dispositif est basé d’une part sur le transfert de ressources actuellement dévolues à d’autres dispositifs et d’autre part sur la mise en place en 2009 d’un nouvel impôt de 1,1 % sur tous les revenus du patrimoine et de placement.
Le revenu de solidarité active vise à supprimer les effets de seuil qui font qu’actuellement, une personne bénéficiant d’un minimum social et reprenant une activité rémunérée au SMIC, ne voit pas son revenu augmenter. Le RSA est un complément de revenu pour les travailleurs pauvres et un minimum social pour ceux qui ne travaillent pas.
Il est appelé à favoriser, selon le site du gouvernement, le retour à l’emploi des personnes recevant un minimum social. Trois moyens sont essentiellement mis en œuvre à cet effet :

  1. Maintien d’une partie des prestations du RSA en cas de retour à l’emploi. La personne qui reprend un travail à temps partiel ou/et au smic, devrait donc voir l’ensemble de ses revenus augmenter. Ainsi, selon Martin Hirsch, le RSA doit permettre de cumuler revenu d’activité et revenu de solidarité avec la garantie que toute heure travaillée signifie un gain de revenu[7].
  2. Accompagnement personnalisé renforcé en vue du retour à l’emploi pour les anciens bénéficiaires du RMI et de l’API. Cet accompagnement, organisé par des organismes comme les Pôles emploi, est aussi obligatoire pour les travailleurs gagnant moins de 500 euros en moyenne depuis trois mois et ayant fait valoir leurs droits au RSA].
  3. Développement progressif de l’aide personnalisée de retour à l’emploi, une enveloppe financière (aide pour le transport, un déménagement, la garde d’enfants…) destinée à aplanir les difficultés liées à la reprise rapide d’un travail.

 

3-Qu’en est-il des fraudes sociales ?
Un des reproches fait aux aides sociales c’est qu’elles donnent lieu à de la fraude, lesquelles doivent évidemment être poursuivies.

Le coût réel pour l’administration reste toutefois faible, à moins de 100 millions d’euros, indique Le Parisien/Aujourd’hui en France du 26/05/2011 sur la foi d’un rapport de la Caisse nationale d’allocations familiales.
Les fraudes aux allocations familiales continuent de progresser. En 2010, 13.114 cas de fraudes ont été recensés contre 11.733 l’année précédente,  La progression atteint 5,3% en termes de masse financière. En 2009, 96,16% des sommes ont été versées à bon droit, mais environ 200.000 allocataires seraient auteurs d’une fraude, selon le rapport cité par le quotidien.
Et parmi les aides versées, le Revenu minimum d’insertion (remplacé depuis 2009 par le Revenu de solidarité active), l’allocation de parent isolé et l’allocation de soutien de famille sont les prestations qui font l’objet du plus grand nombre de fraudes. Au total, 563 amendes pénales et 362 peines de prison ont été prononcées pour ces fraudes.

Toutefois, les pertes réelles issues de ces fraudes sont minimes dans la mesure où près de 90% des sommes sont ensuite récupérées. Le quotidien souligne ainsi que moins de 100 millions d’euros sont effectivement perdu par les administrations. Il faut toutefois y ajouter le coût de la lutte contre la fraude puisque plus d’un millier d’agents sont mobilisés pour remplir cette tâche soit un coût de gestion de l’ordre de 32,3 millions.
Et la hausse du nombre de fraudes repérées s’explique notamment par une intensification de cette lutte. En 2010, 41,7% des informations fournis par les allocataires ont été contrôlées contre seulement 35% en 2007

La fraude sociale est plus le fait des entreprises que des particuliers
Selon  un rapport récent (rapport Tian-député UMP), le terme de « fraude sociale », qui pourrait sembler n’évoquer que les cas de « triche » des particuliers, recouvre en fait à la fois les fraudes aux prestations sociales (RSA, allocations familiales, etc.) et les fraudes aux cotisations sociales que doivent régler les entreprises. Or les deux sont sans commune mesure : la fraude aux prélèvements, qui inclut le manque à gagner dû au travail au noir, représente, selon ce rapport, entre 8 et 15 milliards d’euros, contre 2 à 3 milliards pour la fraude aux prestations sociales.

D’après M. Tian, « entre 10 et 12 % des entreprises sont en infraction et 5 % à 7 % des salariés ne sont pas déclarés ». Côté particuliers, le député évalue la fraude à 1 % des allocataires. Tant sur les taux que sur les montants, ce sont donc bien les entreprises qui se révèlent les plus concernées par la fraude.

Dans un rapport daté de septembre 2010 et consacré à la fraude, la Cour des comptes évoquait le cas particulier de la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF), qui a fait l’objet, en 2009, d’une évaluation précise à partir d’un échantillon de 10 000 dossiers. La fraude aux prestations atteindrait, d’après cette étude, 675 millions d’euros par an. Mais elle touche de manière très inégale les différentes prestations : la Cour évalue ainsi à 0,46 % des allocataires la fraude aux allocations familiales, à 0,24 % la fraude à la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE). L’allocation parent isolé (API) ou le revenu de solidarité active (RSA) afficheraient des taux plus importants, de l’ordre respectivement de 3,1 % et 3,6 %. Qu’on peut là encore rapporter aux 10 % à 12 % estimés d’entreprises fraudeuses.

A côté de la fraude dite sociale, existe la fraude fiscale, qui, sous toutes ses formes, représenterait,  entre 40 à 50 milliards d’euros dans notre pays d’après la Commission européenne.

La fraude fiscale  est surtout concentrée sur ce qui ne peut être contrôlé sur pièces parce que non déclaré :

  • Fraude à la TVA : une fraude de grande ampleur représentant près de 10% des recettes.
  • Prix de transfert liés à la mondialisation et conduisant au transfert de bénéfices dans les pays les moins imposés.
  • Evasion fiscale par la domiciliation des revenus et du patrimoine dans les paradis fiscaux.

Aux fraudes fiscales proprement dites s’ajoutent les niches fiscales (légales), mais qui contribuent à un manque à gagner d’environ 100 milliards € annuels.
Est-il besoin de préciser que les fraudes et niches n’ont pas pour bénéficiaires principaux les revenus et patrimoines modeste et moyens !!

 

4-Les aides françaises sont elles avantageuses par rapport à celles des autres pays ? On ne peut le dire !
Les comparaisons internationales sont très difficiles
 : en effet, certains  pays, comme la France, ont des politiques sociales centralisées avec des conditions de cotisations et de prestations obligatoires pour l’ensemble des entreprises et des français, alors que d’autres ont certains taux obligatoires, complétées selon les entreprises et/ou les branches professionnelles. Ainsi ne peut on dire ni  que les cotisations sont lourdes, ni que les prestations sont généreuses, si on considère ce qui est effectivement prélevé et perçu ! N’en déplaise aux pourfendeurs d’un soi-disant état providence français, mais on ne peut, honnêtement, le dire.

5-Evolution des aides depuis la libération : une dégradation continue
Par contre, ce que l’on peut évaluer, c’est l’évolution dans le temps des aides sociales en France :

-les prestations familiales représentaient 3,5% du PIB en 1950 et seulement 2,3% en 2006 !
Le montant des prestations familiales par enfant rapporté au PIB/personne était de 20,1% par enfant en 1950, pour tomber à10, 6% en 1996 (sans remonter depuis) (source-Jacques Bichot, économiste libéral).Plus concrètement, la perte de niveau de vie des familles est considérable : en 1954, les familles de 2 enfants bénéficiaient d’allocations d’un montant équivalent à 464€ par mois, hots allocation de logement. Elles ne bénéficiaient plus que de 113€ en 2006 !

-concernant l’assurance chômage, rappelons-nous. Depuis le développement du chômage à la fin des années 1970, l’indemnisation des chômeurs est devenue de moins en moins généreuse. « La durée maximale d’indemnisation était de 36 mois pour un smicard devenu chômeur de moins de 50 ans ayant cotisé au moins 14 mois en 1979. Elle est passée à 30 mois en 1984 et à 23 en 2001. » explique le journal Le Mondedu 06/12/2005..Représentant 90% du salaire à l’origine, le montant de l’indemnité chômage ramené au dernier salaire est maintenant de 57%.

A noter que la baisse des prestations est due à la fois par l’augmentation continue du nombre d’allocataires … et par le refus répété du patronat d’augmenter les cotisations correspondantes.

6-A-ton « intérêt « à toucher les aides sociales ? Bien sûr que non
Quand on voit les montants versés rappelés dans cet article, on voit bien que ceux qui considèrent que les aides sociales sont trop généreuses, soit n’ont pas réfléchi au problème et aux difficultés qu’ils auraient à vivre avec les montants en jeu, soit, égoïstement, ils invoquent le montant, soi-disant trop important des  cotisations ou des impôts demandés, comme si ils ne devaient jamais être concernés, par la maladie, le chômage, la précarité….
Car enfin, peut on donner ce qu’il faut à deux enfants avec 126€, vivre (ou survivre) avec 950€ mensuels ou 57% de son salaire, sans chercher à améliorer sa condition. Rappelons, aussi, suite à une polémique récente, que retrouver un emploi est toujours plus avantageux que toucher une aide sociale (exemple du RSA qui a été calculé en ce sens) Evidemment, des politiques mal attentionnés parlent d’assistanat, pour masquer leur incurie à traiter les problèmes sociaux, ou éviter que ceux qui en ont les moyens contribuent comme il se doit  en cotisations ou en impôts….

7-Rôle économique des aides sociales
Si les effets de la crise économique et financière n’ont pas (encore) été plus dramatiques, c’est bien parce que les aides servent d’ « amortisseur social », face à cette crise, permettant, notamment un maintien de la consommation qui est, rappelons-le, l’un des ressorts  fondamentaux de notre croissance économique !

8-On ne peut que s’étonner, en conclusion, pour le déplorer, que l’élan de solidarité bâti à la libération, suite aux travaux consensuels tous partis démocratiques confondus du Conseil National de la résistance, s’effrite de plus en plus, à la demande de ceux qui continuent, -disent-ils – à se réclamer du gaullisme ou de la démocratie sociale ! Il parait que c’est  cela que l’on appelle maintenant la droite « décomplexée ».

Paupérisation de la population française

En 2009, (derniers chiffres de l’INSEE) 8,2 millions de Français vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Le chômage a été la principale cause de cette dégradation.

En 2009, près de 340.000 Français sont passés sous le seuil de pauvreté tandis que les écarts de revenus se creusaient, révèle une enquête de l’Insee publiée  mardi 30/08. Le niveau de vie (revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation) des 10 % de la population les plus modestes était inférieur à 10.410 euros annuels quand celui des 10 % les plus aisés était au minimum 3,4 fois supérieur. Alors que la croissance moyenne annuelle du niveau de vie des 40 % des Français les plus modestes était de 2 % entre 2005 et 2008, elle a diminué pour la première fois entre 2008 et 2009. L’évolution des 60 % les plus aisés, est quant à elle, restée positive.

Avec un niveau de vie médian à 19.080 euros, le seuil de pauvreté (qui correspond à 60 % du niveau de vie médian) s’est établi à 954 euros par mois en 2009. « À titre de comparaison, le RSA s’élève à 455 euros pour une personnes seule », rappelle l’Insee dans son étude. En 2009, 8,2 millions de Français se situaient donc en dessous de ce seuil, soit 13,5 % de la population totale (+ 0,5 point par rapport à 2008).

Principale cause de cette dégradation : le chômage. Avec un taux de 9,8 % parmi les 20 % de la population les moins aisés (+ 1,3 point par rapport à 2008) la hausse du chômage a frappé plus durement ceux dont le niveau de vie était le plus bas (contre + 0,8 point pour l’ensemble de la population, à 4,4 %).

Le président du Secours populaire français, Julien Lauprêtre a réagi  aux résultats de ces statistiques déplorant une réalité plus préoccupante: « Les chiffres de l’Insee sont malheureusement en dessous de la gravité de la situation aujourd’hui en 2011 », a-t-il déclaré avant de poursuivre: « des pauvres deviennent de plus en plus pauvres mais il y a aussi des personnes qui ne s’attendaient pas à ce qui leur arrive: cadres, petits commerçants, petits artisans ».

Les économistes nous disent que la crise mondiale n’explique qu’un tiers de l’augmentation du chômage et de la récession économique. On mesure bien, ainsi, les responsabilités du gouvernement de Nicolas Sarkozy dans l’aggravation de la situation économique et sociale des français.

D’autant que, comme le relève d’autres études de l’INSEE, les revenus les plus élevés ont augmenté bien plus que ceux de la moyenne des français ; par exemple, hors stock options et autres actions gratuites, le salaire moyen des patrons des P-DG du CAC 40 s’est fixé en 2010 à 2,4 millions d’euros. 150 fois le salaire minimum. En hausse de 20% par rapport à l’année précédente.

 

Quand les députés-maires de GPSO (notre communauté d’agglo) s’organisent contre la péréquation

Par Thomas Puijalon (Issy-les-Moulineaux) / Blog : http://www.thomaspuijalon.fr

Dans le cadre du débat sur le projet de loi de finances pour 2012, dans la partie consacrée aux crédits des collectivités locales, trois députés des Hauts-de-Seine ont cosigné un amendement pour réduire l’impact des dispositions en matière de péréquation dans les finances de GPSO et des communes membres de GPSO. Ainsi donc, M Baguet, M Santini (c’est assez rare pour être mentionné!) et M Guillet ont donc soumis à la discussion un amendement proposant de lisser sur huit ans le mécanisme – prévu actuellement sur quatre années – du fonds national de péréquation des recettes fiscales intercommunales et communales. Seuls M Baguet et M Guillet ont défendu cet amendement en séance.
M Baguet a présenté ainsi son amendement :

« À l’instar de nombreux collègues, nous souhaitons appeler l’attention du Gouvernement sur l’impact considérable des nouvelles dispositions envisagées par le texte sur le bloc communal, et notamment sur la communauté d’agglomération Grand-Paris-Seine-Ouest, qui regroupe les communes de Boulogne-Billancourt, d’Issy-les-Moulineaux, de Sèvres, de Chaville, de Ville-d’Avray, de Vanves et de Meudon.

La communauté d’agglomération en question paie une contribution de 11 millions d’euros, qui s’élèverait, si les mesures envisagées étaient appliquées, à 35 millions d’euros ! Ce ne serait pas supportable. Nous sommes néanmoins tout à fait favorables à une augmentation très significative de notre participation. Nous proposons que la hausse du prélèvement, au lieu d’atteindre plus de 300 % sur quatre ans, soit limitée, dans un premier temps, à 200 %, ce qui représente déjà un effort considérable pour notre collectivité puisque nous accepterions que le prélèvement passe de 11 millions à 22 millions d’euros.

Nous avons par conséquent déposé plusieurs amendements visant à modifier le montant du FPIC et – s’inspirant d’une proposition de l’Association des maires de grandes villes de France – à étaler le prélèvement dans le temps : il passerait de quatre à huit ans.

Nous souhaitons que le Gouvernement apporte une réponse à la situation locale ainsi décrite, bien conscients toutefois que nous devons participer à l’effort général. Il faut se mettre à la place des collectivités – je pense en particulier à la commune de Chaville, dont le député-maire Jean-Jacques Guillet est ici présent, à laquelle on prélèverait brutalement 3 millions d’euros, somme incompatible avec son budget. »

Le gouvernement a entendu une partie de l’argumentaire des députés de GPSO, puisqu’il a proposé de faire monter en puissance le fonds sur cinq années et non huit tout en restant intraitable sur l’objectif de 250M€ pour 2012.

Les députés socialistes ont défendu une autre vision, dans le débat autour de cet amendement. Marylise Lebranchu a insisté sur les disparités qui existent entre les intercommunalités comportant de nombreux sièges sociaux, dont la CVAE est en augmentation – ce qui est le cas de GPSO et ce d’autant plus compte tenu des projets de tours portées par les villes d’Issy-les-Moulineaux et de Boulogne qui vont conduire à accroître mécaniquement le nombre d’entreprises implantées sur GPSO. Et d’ajouter : « À côté de cela, certaines communautés d’agglomération ont une petite assiette pour la CVAE, mais constituée d’entreprises industrielles, avec toutes les charges que cela induit, en termes de circulation, d’assainissement, de décharges de produits industriels, de pollution, de nuisances sonores, etc. Tout cela est assez peu pris en compte. La nouvelle CVAE défavorise ces communes-là ». François Pupponi lui aussi dénonce les disparités de ressources au sein même de l’Ile-de-France, entre des agglomérations très riches et des agglomérations très pauvres et industrielles. Jean-Pierre Balligand conclut son intervention ainsi : « nous ne sommes pas non plus là pour essayer de gérer les intérêts de chacune de nos communes. Nous sommes là pour essayer d’établir un système, la péréquation horizontale, qui n’a, pour être très honnête, aucun effet systémique« .

Je comprends que les députés des Hauts-de-Seine cherchent à atténuer la charge de la péréquation pour GPSO et les communes adhérentes. Je reconnais aussi à M Baguet le fait qu’il consente à participer à un effort de solidarité. Mais, il faut sortir d’une simple logique d’agglomération. Surtout dans une région capitale, où GPSO n’est qu’un pétale parmi d’autres totalement imbriqués les uns aux autres.
En écoutant ce débat, me sont revenus les propos que m’avait tenus André Santini lorsque j’ai critiqué la cession à l’Euro symbolique du terrain destiné à l’école d’avocats du barreau de Paris, acheté plus de 5 millions d’Euros par la ville d’Issy: « 5 millions, c’est une paille pour les isséens. La ville est tellement riche ». Avant de critiquer naturellement la contribution de la ville au fonds de solidarité de la région Ile-de-France.
Néanmoins, une agglomération qui repose sur des activités de service n’est pas une bulle isolée du monde. Les 70 000 emplois sis à Issy-les-Moulineaux doivent bien trouver à se loger en dehors de la ville qui compte plus de 64 000 habitants. Le siège de Renault à Boulogne n’a de justifications que parce qu’il y a des usines ailleurs pour produire les automobiles du groupe. Idem pour les produits d’Yves Rocher et de tant d’autres.
En période de crise économique, sociale et monétaire aussi violente que celle que nous connaissons, on ne peut raisonner à la seul échelle de son territoire local. Le maintien et le développement de l’industrie en France sont des enjeux majeurs pour la croissance et l’avenir de notre pays. Nous spécialiser dans le luxe et les services c’est nous condamner à court terme à une balance commerciale toujours déficitaire et donc à une perte de compétitivité de notre pays. Qu’est-ce qu’une paille au regard de l’attractivité et du rayonnement de la France?

Tribune groupe socialiste – Chaville magazine – Novembre 2011

Même dans le fief du Président, le sarkozysme ne fait plus recette!
C’est la première fois que trois sénateurs de gauche sont élus dans le département des Hauts-de-Seine.
La liste de rassemblement de la gauche et des écologistes aux élections sénatoriales est arrivée en tête avec plus de 150 voix d’avance devant la liste UMP et remporte donc un siège supplémentaire.
Cette progression de la gauche dans notre département est le fruit d’un long et important travail en commun qui s’inscrit notamment dans la continuité de nos succès aux élections régionales de 2010 et cantonales de 2011.
Les Hauts-de-Seine ne sont plus une terre demission pour la gauche mais une terre de conquête. Cette nouvelle avancée ouvre de belles perspectives pour l’avenir!
La gauche progresse au Sénat et remporte une victoire historique qui bouleverse le paysage politique et institutionnel: pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, c’est à dire depuis plus de 60 ans, elle a la majorité absolue au sein
de la Haute Assemblée.
Les grands électeurs ont traduit par leur vote leur très fort mécontentement et le rejet massif de la politique du gouvernement qui étouffe les territoires et les collectivités locales.
L’UMP qui était à elle seule majoritaire en 2004 ne détient plus aujourd’hui que 124 sièges sur 348.
Ce basculement du Sénat qui peut paraître symbolique traduit en fait unmouvement profond du pays qui comme nous l’espérons amènera vers le changement en 2012.

Par ailleurs le mardi 27 septembre un enseignant du public sur deux a cessé le travail. A Chaville, la mobilisation a été très importante puisque 7 enseignants sur 10 se sont mis en grève.
Les suppressions de postes par dizaines de milliers et les fermetures de classes par milliers n’épargnent personne. C’est la raison pour laquelle, pour la première fois, dans tous les
cortèges les enseignants du privé ont rejoint ceux du public.
Avec l’augmentation des élèves par classe, le remplacement des professeurs non assuré, la disparition des Réseaux d’aides spécialisés aux élèves en difficulté (RASED), l’envoi des
nouveaux enseignants sur le terrain sans aucune formation, la liste des difficultés s’allonge considérablement.
Qui en fera les frais? Les plus fragiles bien sûr! Nous ne voulons pas d’un système scolaire à plusieurs vitesses.
L’école est un des piliers de la République, sa refondation est notre priorité.

Par Jocelyne Quoniam et Yannick Avelino – Conseillers municipaux groupe PS
01 47 50 50 96