Tribune Chaville magazine – Groupe socialistes – Juin 2011

La France se distingue des autres pays européens par un sous-financement de son enseignement primaire, carence pointée récemment dans un rapport de la Cour des comptes. Alors qu’il y a consensus sur ce constat, le gouvernement fait exactement
l’inverse de ce qu’il faudrait faire.
Celui-ci va supprimer encore 16000 postes dans l’éducation nationale!
Depuis 2007, au total, 66500 emplois auront ainsi disparu.
Dans les collèges des Hauts-de-Seine, la dotation horaire globale (DGH) qui fixe le nombre de professeurs dont disposeront les chefs d’établissement doit diminuer de 2 % alors qu’il est prévu 500 élèves supplémentaires avec les enfants du baby-boom des années 2000.
Parmi les principales conséquences: l’effectif des élèves par classe va augmenter.
Même chose au lycée où les classes surchargées deviennent la norme.
A Chaville, les effets de cette politique désastreuse se sont déjà faits concrètement sentir à la rentrée 2010 avec la suppression de la Toute Petite Section de la maternelle des Pâquerettes qui fonctionnait depuis 7 ans et donnait pleinement satisfaction.
Il n’y a plus qu’un enseignant RASED (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté). Au collège Jean Moulin de nombreuses classes ont dorénavant plus de 30 élèves et les voyages éducatifs sont en nette diminution faute de moyens.
Nous savons aujourd’hui que les inégalités sociales se manifestent sous forme d’inégalités scolaires dès l’entrée en maternelle et qu’elles ne cessent de croître par la suite.
Les moments de la scolarisation constituent donc le seul moment où l’on peut espérer changer le cours des choses.
L’éducation qui devrait être la priorité de notre Nation n’est plus qu’une variable d’ajustement budgétaire!
Face au démantèlement de notre système éducatif, nous rappelons
plusieurs principes fondamentaux:
Le service public d’éducation doit être accessible à toutes les familles.
L’accès à l’École maternelle doit être un droit pour tout enfant dont la famille le demande, dès l’âge de 2 ans. Le nombre d’élèves dans les classes doit permettre une prise en charge personnalisée de chacun.
Les collèges doivent disposer des moyens nécessaires pour scolariser les 40000 nouveaux élèves de la rentrée prochaine.
La continuité du service public doit être assurée en toutes circonstances. Les RASED doivent être développés et la scolarisation des enfants handicapés effective avec des personnels qualifiés.
Aujourd’hui, toutes ces coupes sombres font passer la France au plus bas niveau européen pour son taux d’encadrement des élèves, loin, très loin derrière les pays du nord (Suède,
Danemark) mais aussi du sud de l’Europe (Portugal, Grèce, Italie) à priori moins favorisés.
La baisse constante des moyens alloués et la diminution du nombre d’enseignants remet en cause l’égalité des chances des élèves et le destin collectif de notre société.

Previous post
Next post

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *