PS Chaville
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Les nouveaux scandales de la fac privée « Pasqua-Sarkozy »

En quinze ans, notre département des Hauts-de-Seine a englouti un demi-milliard d’argent public dans une fac privé,ont rappelé les élus socialistes lors de la séance en octobre du conseil général, à l’occasion de la présentation  publique du rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion de l’association Léonard de Vinci qui gère ce qui est appelé communément la « Fac privée Pasqua-Sarkozy ».

Crée par Charles Pasqua et administrée également par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était Président du Conseil général,  cette « fac privée » a englouti 200 millions pour sa construction (un des plus gros investissements pour les Hauts-de-Seine) et une subvention annuelle pouvant atteindre plus de 20 millions d’euros. Cette dépense est en soi scandaleuse et défraye la chronique depuis plus de 15 ans, mais ce n’est pas le seul scandale.

La Chambre Régionale des Comptes (CRC) vient d’adresser à l’association Léonard de Vinci, subventionné par le conseil général du 92,  des observations sévères à son président Charles Pasqua.

Ce rapport de la CRC recommande  un effort particulier pour améliorer sa gestion, notamment « la vérification des dépenses de personnel », il relève :
– des salaires particulièrement élevés (un équivalent de rémunération à taux plein de 185.000 euros en 2008, une quinzaine de rémunérations supérieures à 60.000 euros annuels),
– des effectifs surdimensionnés (deux fois plus de personnel administratif que d’enseignants)
– des départs largement rémunérés (jusqu’à deux ans de salaires pouvant atteindre 175.000 euros lors d’un départ volontaire que rien n’obligeait l’association à verser sans parler des 391.000 euros  qu’une personne a tout de même reçu en partant lors d’un licenciement pour « faute grave ». La CRC remarque que c’est « une coquette somme »)

Toutes ces générosités étant nourries de fonds public.

La Chambre Régionale des Comptes estime très sobrement que dans ce contexte, « l’association n’accorde pas une place suffisante au souci d’économie »,  que « tant d’argent public imposerait une bonne gestion,  ce qui n’est pas le cas» et juge que « tous ces avantages n’étaient pas justifiés par l’intérêt de l’association »

Cerise sur le gâteau : outre des salaires mirobolants, cette université privé qui dispose gratuitement de locaux mis à disposition par le Conseil général (anomalie très coûteuse pour notre département) en fait payer l’utilisation  à deux universités publiques (Paris Dauphine et Paris Ouest Nanterre), locaux  qui ont pourtant été financés par de l’argent public !

A propos de la laïcité

Par Pierre Barret

La laïcité fait partie des fondements de notre république, au même titre que la liberté, l’égalité et la fraternité. On en entend beaucoup parler, mais qu’est-ce au juste ?

La laïcité désigne la séparation du civil et du religieux dans l’Etat .Issue de la révolution de 1789,  elle  a été consacrée par la célèbre loi de 1905 avec ces 2 articles

« Article 1
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Article 2
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »

Tout est dit dans ces 2 articles, à laquelle se réfère la constitution de la 5ème république qui inscrit que « la république est laïque », au même titre qu’elle proclame « la république sociale, démocratique », puis, plus récemment « décentralisée ».
Evidemment, comme souvent,  beaucoup tient dans l’application de cette loi.

Cependant, si elle doit parfois être « mise au goût du jour », elle est toujours d’actualité dans ses termes et dans sa finalité : la laïcité « à la française » se distingue, fort heureusement, des conceptions étrangères, soit anticléricale ou antireligieuse d’états totalitaires, soit d’états communautaristes de type anglo-saxon , soit d’états où une religion a une place quasi officielle , de fait (Norvège, pays très christianisé) ou de droit (pays musulmans )

Ce qui pose problème :

-la non-intervention de l’Etat dans ce qui concerne les religions doit être renforcée : à titre d’exemple, le président de la république et les autorités civiles  ne doivent  pas montrer publiquement, ni favoriser leurs convictions religieuses ; l’Etat ne doit pas interférer dans l’organisation des religions (ce qu’elle fait notamment pour le culte musulman)

-l’exercice des cultes doit être garantie : ce qui suppose que soit, honnêtement, permis que tous les cultes aient des lieux suffisants et décents d’exercice (construction de lieux de culte et de  prière par exemple)

-aucune religion ne doit être privilégiée au détriment d’une autre, puisque la loi ne doit en reconnaitre aucune. De même, les courants rationalistes et libre-penseur doivent avoir suffisamment accès aux médias.  De fait, la religion catholique bénéficie d’un plus dans le traitement sur lequel il y a lieu d’être vigilant. A ce titre, devrait être réexaminées les recommandations de la commission Stasi sur la laïcité (instituer des fêtes religieuses autre que catholiques par exemple), revues les aides et avantages, parfois injustifiées, attribuées à l’enseignement privé confessionnel (ce qui est le cas à 95%). Ne pas accepter, par exemple, que certaines  communes de l’ouest de la France n’aient pas d’écoles publiques, sous le prétexte qu’il y a déjà une école privée !

-l’application de la loi sur la laïcité doit se faire sur l’ensemble du territoire de la république : réexaminer les statuts concordataires de l’Alsace et de la Moselle où les pasteurs des religions sont rémunérées, ne pas admettre que des départements français appliquent une loi religieuse différente (Mayotte), ne pas tolérer, dans l’espace public, les signes ostentatoires de prosélytisme religieux (vêtements ou accessoires, cultes rendus dans les rues, présence d’objets à connotations religieuses par exemple des crèches sur la place d’un village ).   Dans ce cadre, s’appliquent la loi sur le voile et sur l’interdiction de la burqa dans l’espace public.

Une laïcité apaisée repose sur la tolérance entre tous, « ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas » et entre les différents croyants. « La laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une ». Elle est forcément exigeante, car elle repose  une partie du vivre ensemble. Elle n’exclut pas le fait religieux, elle en prend acte, dans sa sphère privée, cultuelle, voire culturelle. Dans cet esprit, il ne serait d’ailleurs pas choquant, sinon logique, que des cours de « culture religieuse » prennent place dans l’enseignement, non obligatoires et dispensés par le corps enseignant.

Education : la France toujours moyenne et de plus en plus inégalitaire

Par Pierre Barret et Bruno Lemoine

Selon le classement international Pisa pour 2009…

Peut mieux faire. La France obtient une note moyenne dans l’étude Pisa 2009 sur les systèmes éducatifs internationaux. Menée tous les trois ans depuis 2000, ce classement de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), mesure les acquis vers la fin de la scolarité obligatoire, à 15 ans.

Comme lors de la précédente enquête de 2006, la France, qui consacre pourtant plus d’un cinquième de son budget à l’enseignement et multiplie les réformes, se situe dans la moyenne de l’OCDE pour les trois compétences étudiées (22e sur 65 en compréhension de l’écrit et en mathématiques et 27e en sciences), loin derrière la tête du classement 2009 composée de Shanghai, Corée du Sud et Finlande. A noter que l’Allemagne a gagné plusieurs places dans ce classement, progressant de 13 points en «compréhension de l’écrit» depuis 2000.

«Déterminisme social»

Autre Hic: les inégalités sont croissantes dans l’Hexagone, qui enregistre 10% d’excellents élèves et en bout de la chaine 17% d’élèves en grandes difficultés scolaires (soit 2 % de plus par rapport à la dernière enquête Pisa). «Notre autre faiblesse relève du déterminisme social, car moins les parents sont favorisés, plus les élèves sont en difficultés», a souligné le ministre de l’Education, Luc Chatel, qui avait organisé une conférence de presse dans la foulée.

«Il y a de plus en plus d’élèves en échec scolaire, les inégalités se sont creusées. C’est un signal d’alarme pour la France qui avait déjà été tiré par l’OCDE en 2006 et qui l’est de nouveau», a commenté pour sa part auprès de l’AFP Eric Charbonnier, expert éducation à l’Organisation.

«Politique dangereuse et irresponsable»

Les syndicats de l’Education nationale estiment que la politique de réduction d’effectifs par non-remplacement des départs en retraite menée depuis 2007 ne peut qu’affaiblir les performances du système.

«Ces résultats médiocres, voire mauvais, de la France mesurés par cette enquête internationale sont le résultat d’une politique dangereuse et irresponsable menée depuis 2002 et plus encore depuis 2007», écrit le secrétaire à l’éducation du Parti socialiste, Bruno Julliard, dans un communiqué.

«La France doit recommencer, comme tous ses partenaires, à investir dans l’éducation, à tous les niveaux, depuis la maternelle jusqu’à l’université», dit-il. «Nous devons mettre fin aux écarts scandaleux observés entre les élèves les plus favorisés et ceux qui subissent de plein fouet les ségrégations sociales et spatiales et sont condamnés à l’abandon éducatif.»

Pour redresser la barre, la France doit accélérer ses efforts à l’instar de l’Allemagne, qui a vécu l’enquête PISA 2000 comme un vrai choc. Elle a ainsi instauré une aide aux devoirs l’après-midi en primaire. Cette  stratégie a été payante puisque le taux d’échec scolaire a diminué. Selon l’OCDE, pour arriver à ce résultat, la France doit mettre les bouchées doubles concernant les dispositifs de soutien déjà existants, tels que l’aide personnalisée en primaire, et l’accompagnement personnalisé au collège.

Qu’en est-il chez nous aujourd’hui ?

Les hauts de Seine font l’inverse de l’Allemagne :  quand le ministre supprime les moyens pour l’aide aux plus en difficulté, le conseil général des Hauts-de-Seine lui emboite le pas en mettant fin au plan d’Aide à la Lecture, dispositif spécifique dont l’objet visait à favoriser l’envie de lire et de travailler autrement pour les enfants ayant des difficultés scolaires.
Plus de la moitié des collèges des Hauts-de-Seine (51 sur 98) verront leur taux d’encadrement des élèves baisser en 2010 ce qui se traduira par près de 500 heures manquants par rapport à 2009. 15 collèges subiront à la fois une baisse du nombre d’élèves et du taux d’encadrement.

Suppressions de postes
En 2011, 16.000 postes équivalent temps plein seront supprimés dans ce secteur qui emploie environ un million de personnes, soit sensiblement le même chiffre que les deux années précédentes.

Tribune Groupe PS – Chaville Magazine – Décembre 2010

Par Jocelyne Quoniam, conseillère municipale et d’agglomération, et Yannick Avelino, conseiller municipal

LE DÉVELOPPEMENT DURABLE RÉHABILITÉ ? HEU…

Au niveau national, l’asphyxie du Grenelle continue…
La disparition de la taxe carbone (climat énergie) dans la présentation de la loi « Grenelle » signe l’abandon officiel d’une politique significative de lutte contre l’effet de serre.
De plus, contrairement aux affirmations officielles, le crédit d’impôt relatif au développement durable incitant les particuliers à rénover leur logement (isolation thermique, chauffage…) va être réduit de 10 % pour toutes les dépenses engagées après le 1er janvier 2010, et celui sur les installations photovoltaïques réduit de moitié.
De la même façon, les subventions par l’Etat des pompes à chaleur (à hauteur de 40 %) vont diminuer. L’installation de double vitrage donnera lieu à une baisse du crédit d’impôt.
Comme toujours, effets d’annonces et promesses non tenues !
Chaville, ville éco-responsable ?  On en doute fortement.
La mairie se dit exemplaire mais, à part des études pour réaliser des diagnostics obligatoires depuis le 2 janvier 2010 en matière énergétique, nous n’avons pas vu grand-chose dans les dernières orientations budgétaires. Par exemple, il n’a pas été lancé de véritable programme d’isolation des bâtiments communaux, le recours aux énergies renouvelables par des dispositifs d’aide et d’action aux projets innovants n’a pas été mis en oeuvre.
Va-t-on enfin sortir de la phase des diagnostics par des bureaux d’étude et du secret des comités de pilotage pour entrer dans une vraie concertation avec tous les acteurs du territoire, associations (grandes ou petites) qui travaillent
sur le terrain? Va-t-on réaménager des rues de notre ville afin de donner plus de place aux pistes cyclables et aux itinéraires piétonniers, fluidifier les chemins inter-quartiers ?
C’est une belle occasion de mettre en pratique la démocratie participative.
Les projets « éco-quartiers » en cours de réalisation se multiplient dans les Hauts-de-Seine: comme à Boulogne, Suresnes, Gennevilliers, Meudon, Colombes, Clamart…
Pourtant, ici, la municipalité est en train de manquer l’occasion de faire de notre centre ville une réalisation exemplaire en matière de développement durable en la livrant à la promotion privée. La commercialisation vient juste de commencer…
Pour inverser cette tendance, il faudrait une volonté politique forte et une véritable vision de la ville.

Bonne année 2011.
Pour tous, pour toutes les chavilloises et tous les chavillois et ceux qui veulent dialoguer et changer les perspectives qui leur sont proposées.