2 projets de transports pour l’Ile de France

Depuis plus d’un an, le Président de la République tient des propos comme quoi c’est à l’Etat de donner l’impulsion nécessaire au projet Grand Paris mais qu’il ne doit pas imposer d’en haut un projet qui ne peut réussir que s’il est partagé par tous.

Décalage saisissant avec la réalité, les collectivités locales n’ont jamais été associées à la préparation du projet de loi relatif au Grand Paris. Brisant l’esprit de la dynamique métropolitaine ouverte et partenariale, ne tirant pas les enseignements des propositions des architectes pour le développement du territoire francilien.

Cette méthode remet en cause les acquis de la décentralisation en Ile-de-France. C’est une fuite vers le passé, au nom d’une prétendue modernité.

Il y est créé une « Société du Grand Paris » dont nous savons à ce jour une seule chose : l’Etat y détiendra la majorité, et tous les pouvoirs de décision relèveraient de lui et de lui seul.  Autours des gares, la main est rendue à l’Etat en matière de permis de construire, au grand bonheur du lobby des constructeurs promoteurs.

C’est donc l’Etat qui déciderait seul, par décret, des nouvelles grandes infrastructures de transport à créer en Ile-de-France. Il en fixerait le tracé, le niveau de service, le gestionnaire (la RATP),  tout en laissant aux collectivités locales, à travers le STIF, la charge d’en financer l’exploitation, sans même les avoir associées à leur définition.

Cette prise de pouvoir par l’Etat se ferait pour créer une nouvelle ligne de transport dont les caractéristiques (130 km, une quarantaine de gares, son tracé, les choix techniques) n’ont pas été soumises à discussion se privant de la connaissance que les élus ont de leur territoire. Le tracé proposé (le grand 8) choisit d’espacer les stations de 5 Km, y compris en zone dense, ce qui ne permet ni d’irriguer les territoires traversés ni d’assurer une bonne mise en réseau avec les autres moyens de transport de proximité. Ce grand 8 s’arrêtera en quelques endroits seulement des Hauts de Seine et devrait coûter au bas mot 25 milliards d’euros. De plus, il reste pour l’instant très flou tout à la fois sur son tracé, son financement et son calendrier.

Les élus franciliens de droite et de gauche ont pourtant fait émerger un consensus en faveur d’une autre ligne de rocade : le projet d’Arc Express, étroitement maillé avec le transport existant, respectueuse des équilibres entre les territoires solidaires. Largement concerté et adopté par l’ensemble des collectivités locales concernées, ce projet permet d’avancer dans une véritable cohérence stratégique, portée par le SDRIF. Ce projet majeur Arc Express a enfin été reconnu. Le dossier de concertation est maintenant connu et rien que dans le Sud des Hauts de Seine, il devrait y avoir a minima 6 stations. Les études sont déjà très engagées notamment pour l’arc Sud qui concerne les Hauts de Seine (3 milliards d’euros) et dont le financement sera assuré via le plan de mobilisation des transports de la région.

Un débat public commun sur les deux projets majeur, celui du Grand Huit et celui d’Arc Express, va donc bien avoir lieu et être engagé.

Prévu pour septembre 2010, les citoyens vont pouvoir être éclairés et réagir à ces deux projets de transport. Un projet de métro destiné aux habitants s’arrêtant près de chez eux, un projet de transport rapide destiné à relier les zones d’activités entre elles.

Bruno LEMOINE
ancien Maire adjoint à Chaville (1995-2008)
Délégué Fédéral à « Paris Métropole ».

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