Les crèches en grève : pas de bébés à la consigne!

Certaines crèches étaient en grève sur Chaville dernièrement. Les professionnels de la petite enfance – tous métiers confondus – ont cessé le travail au mois de mars pour protester contre un projet de décret.  Les raisons de cette colère.

Nadine Morano veut créer plus de places en crèche, sans ouvrir de nouvelles structures. En pratique, on va appliquer le surbooking, comme dans les avions pour optimiser la place.

Le décret prévoit d’augmenter le taux de remplissage des crèches. Elles pourront être en surnombre certains jours, avec 20% d’enfants en plus (contre une limite maximale de 10% aujourd’hui).  On voit l’idée : augmenter le nombre d’enfants mais pas le personnel, réduire le taux d’encadrement, déqualification programmée du personnel (40% contre 50% aujourd’hui de personnel qualifié dans les crèches, à savoir auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants ou puériculteurs).

Les professionnels de la petite enfance dénoncent aussi la mise en place, «sous prétexte d’une diversification des modes d’accueil», des maisons d’assistantes maternelles. Celles-ci permettent à quatre assistantes de se regrouper dans un local quelconque, sans que soient appliquer les règles de base des structures collectives et constitue le sommet de la déréglementation avec l’absence de tout encadrement et le maintien des contrats de gré à gré avec les parents employeurs.

Ce sont les nouvelles crèches low cost, prisée par la municipalité de Chaville ! D’ailleurs, celle-ci ne parle plus d’accueil des tout-petits mais de mode de garde. La aussi, c’est un retour en arrière.

Un rapport remis au gouvernement en 2008 estimait entre 300 000 et 400 000 le nombre de places manquantes en France dans les structures d’accueil. Rappelons que Nicolas Sarkozy avait promis pendant la campagne présidentielle un droit opposable à la garde. Mais, quand le gouvernement parle de «droit opposable» (et de la possibilité d’aller en justice si on n’est pas satisfait), il faut s’en donner les moyens.

Nous demandons l’arrêt des politiques publiques en défaveur des modes d’accueil collectifs (désengagement progressif de la CAF) et la promotion d’un plan de formation et de recrutement de professionnels qualifiés de la petite enfance : en période de chômage ce n’est pas négligeable. Cela doit être une priorité

Nous affirmons qu’une politique publique ambitieuse pour la petite enfance constitue un investissement pour l’avenir. Elle doit permettre à toutes les familles qui le souhaitent d’accéder pour leur enfant à un mode d’accueil de qualité. Elle est la première condition pour assurer le droit au travail des femmes.

A Chaville, 120 places en crèches collectives ont été créées lors deux précédentes mandature, aucunes devraient l’être d’ici 2014, à part peut-être dans ses fameuses crèche low cost.

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