PS Chaville
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RSA Jeunes : la triple arnaque

Dans sa revue trimestrielle « Notre région Ile-de-France » (n° 38 – novembre 2009), le Groupe socialiste et apparenté du Conseil régional publie un article intitulé « RSA : la double arnaque ». En réalité, c’est de triple arnaque dont il s’agit. Reprenons l’article:

« 1ère arnaque : les jeunes qui travaillent à temps partiel ou qui sont travailleurs précaires, et cela représente la majorité des jeunes lors de leurs premières années d’emploi, bien qu’ils soient des travailleurs pauvres, ne peuvent bénéficier du RSA chapeau, c’est à dire du complément de revenu institué par le RSA; ils vont donc, en travaillant autant, avoir moins de droits et de revenus que leurs collègues qui ont le même salaire et plus de 25 ans.

2ème arnaque : pour bénéficier du RSA ils doivent avoir travaillé deux années à temps complet en continu ; or, s’ils ont travaillé deux années à temps plein en continu, ils sont probablement en CDI (CDD < 18 mois) et donc moins vulnérables à la perte d’emploi, et ils ont de toute manière accumulé des droits au chômage puisque ces droits existent à partir de 4 mois ; le temps d’épuiser leurs droits au chômage, voire de retrouver des boulots entre deux, ils auront atteint les 25 ans sans avoir droit au RSA. »

la troisième arnaque : laisser la jeunesse dans la précarité, sans perspective d’avenir, dresser des obstacles à son accession dans le monde professionnel, leur donner moins de droits que les autres salariés, cela permet de les contraindre à accepter des rémunérations révisées à la baisse, à accepter des emplois à temps partiel, voire à revendiquer « le droit » de travailler le dimanche, autant dire revendiquer le droit d’être corvéable à merci.  Pour le patronat, c’est du pain béni, car cette absence d’ambition et de revendication de la jeunesse, cette peur de ne pas avoir droit à un emploi, pèse sur les salariés déja en place qui sont directement mis en concurrence : « Si tu n’est pas content, j’embauche un jeune à ta place ! »

Une société qui n’offre pas d’avenir à sa jeunesse est une société en déclin. Mais une société qui organise ce déclin, est une société malade.

cacophonie sur la suppression de la taxe professionnelle

Devinette :
qui a dit (cité dans  Libération) en parlant de la réforme sur les collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle :
«moins de gâchis, moins de bordel, plus d’efficacité et de responsabilité,…, extraordinairement pour». «C’est toujours affreux de se voir serrer la ceinture même si cela obligera certains à faire attention à leurs dépenses.» «aller devant les électeurs pour leur dire « ils vont me donner moins d’argent mais je suis de tout coeur avec eux », c’est compliqué.»
Réponse : Hervé Lièvre, 1er adjoint au Maire à Chaville.

Nous n’avons pas entendu ou lu un message de la part de la municipalité qui expliquait clairement que l’Etat allait donner « moins d’argent » aux collectivités. Au contraire, dans ses éditos du Chaville Magazine, M Le Maire se réjouit sur les impacts financiers que pourrait avoir la suppression de la taxe professionnelle sur Chaville et la communauté d’agglo.
« Le troisième chantier concerne justement les communautés d’agglomération puisqu’il touche à leur ressource fiscale unique: la taxe professionnelle. Celle-ci, qui pénalisait trop lourdement le travail, sera remplacée par une cotisation territoriale et conduira à un réaménagement de la fiscalité locale. Forte de sièges sociaux nombreux et importants, et bénéficiant d’un foncier d’entreprises notable, notre communauté d’agglomération devrait en sortir encore plus dynamique. Là encore, Chaville en récoltera les fruits, grâce à des transferts nouveaux à son profit et à la déclaration d’intérêt communautaire de la ZAC de Centre-Ville. Réjouissons en- nous. » (Chaville Magazine n°75 – octobre 2009)

Alors, moins d’argent ? ou plus d’argent ? Il faudrait être d’accord.

Serait il possible d’avoir une évaluation précise des impacts de la suppression de la taxe pro sur le budget de la ville et de la communauté d’agglo ?

28 novembre : appel pour un rassemblement de la gauche contre les licenciements

Une initiative intéressante, trouvée sur le site du Parti Ouvrier Indépendant(*) qui, dans la censure la plus totale, lance un appel à manifestation le samedi 28 novembre(**) devant l’assemblée nationale pour que les responsables des partis de gauche s’organisent et mettent fin à la spirale destructrice des licenciements.

500 000 chômeurs de plus, c’est le bilan du mandat de Nicolas Sarkozy, deux ans et demi après son élection ! Chez Continental Clairoix, sur 1100 travailleurs licenciés, 13 seulement ont retrouvé un CDI, et les fanfaronnades de Nicolas Sarkozy n’y changeront rien.

Et ce ne sont pas non plus les 2 principales confédérations syndicales qui y changeront grand-chose, si l’on en croit Alain Minc, le grand argentier du capitalisme national, répondant à Marianne(***) sur l’anesthésie syndicale « La CGT, pôle réformiste dur et la CFDT, pôle réformiste mou, ont canalisé le mécontentement au plus fort de la crise sociale en inventant le rituel de la manif mensuelle qui était un exutoire… » Autrement dit, selon Alain Minc, ces 2 syndicats ont assurés le maintien de la paix sociale et permis aux financiers de laisser passer l’orage. Fermez le ban !

MANIFESTONS LE 28 NOVEMBRE

C’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu !

(*) POI : Parti Ouvrier Indépendant, dont l’un des principaux dirigeants est Gérard Schivardi, candidat à la présidentielle de 2007.
(**) Manifestation du 28 novembre >>> appel-poi-20091128
(***) Source: entretien avec les journalistes de Marianne (page 59 de l’hebdomadaire nr 656, édition du 14 au 20 novembre 2009)

« Too big to fail » so « too big to be free »

“Too big to fail”, telle est la raison invoquée pour sauver la plupart des banques et autres organismes financiers, voire même certaines grosses entreprises qui bénéficient d’aides de l’Etat.

Mais si le « too big to fail » prévaut, alors son corollaire devrait être “Too big to be free”.

Puisque « too big to fail » signifie, « Si je risque de mourir, l’état doit me sauver et payer », alors en contrepartie, l’état doit retirer sa liberté de gestion à ce « too big » et faire son entrée au capital.

Cette règle n’est ni plus ni moins que celle qui est appliquée dans le monde entier « Si je paye, alors je suis propriétaire et je prends les rênes de mon entreprise et c’est moi qui décide. »

Rien de tel s’agissant des banquiers !

La commission Européenne, généralement très tatillonne sur les aides apportées à une entreprise publique ou privée, ne trouve rien à redire sur les aides publiques astronomiques apportées aux banques alors même qu’aucune contrepartie ne leur est demandée.

Mais, est-ce vraiment paradoxal ? Est-ce vraiment contradictoire ?

Pas tant que cela, si on considère que les intérêts défendus par la Commission Européenne sont précisément ceux de la grande finance. Dans cette optique, il faut interdire aux Etats de soutenir financièrement tout service public dans l’espoir qu’il rejoigne un jour le giron des intérêts privés, mais également interdire d’aider toute entreprise privée afin de permettre aux prédateurs de s’en emparer à vil prix. Dans ce scénario, c’est la logique de la libre concurrence qui prévaut. Mais lorsque le château de cartes s’effondre, lorsque les intérêts financiers sont directement atteints, alors, plus question de laisser jouer la concurrence, il faut à tous prix sauver les meubles et faire cracher au bassinet le citoyen « otage ». Technique traduite par la formule « Privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes ».

Vu sous cet angle, le paradoxe de la Commission Européenne n’en est pas un. Au contraire, tout converge pour aider à soutenir le profit. Le soutenir, même lorsque celui-ci se met au service de la spéculation quitte à affaiblir l’économie réelle. Le soutenir, même lorsque celui-ci devient insoutenable.

Patrick Fournier

Votation pour la Poste : Quant un ancien directeur financier de Dexia dit ne pas supporter l’assistanat !

C’était lors de la votation citoyenne pour s’opposer au changement de statu de La Poste.

Rappelons que plus de 2 millions de personnes en France se sont prononcées pour le maintien du service Postal dans le giron du service public.
A chaville, en quelques heures, nous avons recueillis 520 signatures dont 500 « Non à la privatisation » et 20 « Oui ».

C’est précisément une personne ayant voté « Oui » à la privatisation de La Poste que j’interrogeais sur son choix.

Pendant la conversation, qui fût relativement courte, la personne m’apprend qu’elle est ancien directeur financier de la société Dexia.
Rappelons, pour ceux qui l’auraient oublié, que Dexia, première banque mondiale de financement des collectivités locales, a été sauvée par les Etats Français et Belge, c-à-d par le contribuable, pour 7 à 10 milliards d’€uros.
– L’ancien directeur financier poursuit : « Je suis un vrai libéral » me dit-il.
– J’acquiesce : « Soit, je respecte les vrais libéraux ».
– « Je suis contre toute forme d’assistanat » poursuit-il.
– « Vous dites refuser l’assistanat ? C’est l’Hôpital qui se fout de la charité » répliquai-je.
– … silence.
– … fin de la conversation.

Cet échange a au moins eu le mérite de me rappeler une évidence :
Les vrais assistés ne sont pas ceux que l’on jette habituellement à la vindicte populaire.
Les vrais assistés, ce sont les « too big to fail », ce sont les idéologues du conservatisme mondialisés auto-contrôlés, ceux qui se servent de l’État au lieu de le servir, ce sont les consanguins.

Il est vrais, qu’à raison de 7 milliards d’€uro, ce n’est plus de l’assistanat, c’est du vol !

A l’avenir, lorsque quelqu’un vous dira « En France il y a trop d’assistés. »,
Vous lui répondrez « Vous avez raison, il y a bien trop de banquiers incompétents ! »

Patrick Fournier

La Société du Grand Paris : attention danger

Par Bruno Lemoine,
ancien Maire-adjoint à Chaville (1995-2008)
collectif  « Avec vous pour Chaville »
Délégué fédéral Paris Métropole

En Île-de-France, cette rentrée 2009 se déroule sous le spectre du projet sur le Grand Paris et sur la création qui va avec d’une “Société du Grand Paris” dont nous savons à ce jour une seule chose : l’État y détiendrait, en tout état de cause, la majorité, et tous les pouvoirs de décision relèveraient de lui et de lui seul. (suite…)

Ces 100 milliards que les spéculateurs veulent faire payer aux Français (suite)

Que dirait-on d’un chauffard sous l’emprise de l’alcool qui, après avoir provoqué un accident ayant entraîné mort d’hommes, paierait les réparations de son véhicule personnel, mais serait dispensé de dédommager les familles des morts qu’il laisse derrière lui ? Ce serait un véritable scandale, la population ne le permettrait pas et la loi ne le permet pas.

C’est pourtant ce que sont en train de faire les établissements financiers !

La plupart des établissements financiers sont directement responsables de la crise économique actuelle. Ils sont également responsables du déficit abyssal qui en découle (100 milliards d’Euros en France rien que pour 2010 et à minima 60 milliards estimés pour 2011), sans parler des désastres moraux pour les centaines de milliers de chômeurs et des désastres économiques pour les centaines de milliers d’entreprises contraintes de repousser à plus tard leurs projets quant ce n’est de mettre la clé sous la porte. Pourtant, après avoir remboursés les prêts consentis par l’Etat pour les sauver, ces établissements financiers coupables se lavent les mains de ce déficit et laissent à la charge des citoyens victimes le soin de le payer (*).

Pire, ayant comme par magie, tiré un trait sur cette dette financière, économique, sociale et morale, ayant à nouveau le droit de spéculer sans contrôle réel, les banques peuvent rembourser les prêts consentis, et faire fructifier les milliards de bénéfices déjà réalisés, un an à peine après leur effondrement et leur sauvetage par la solidarité nationale (les premiers assistés de France, c’est eux), et se partager un milliard d’€uros pour les 100 « meilleurs » d’entre eux, c’est-à-dire les 100 « pires ».

Les établissements financiers sont des chauffards ivres de cupidité : ils se croient irresponsables et ne s’acquittent pas des morts qu’ils laissent derrière eux.

Patrick Fournier

(*) Ce déficit alimente la dette que les Français paieront éternellement sans jamais pouvoir la résorber. En effet, pour rembourser la dette, il faut emprunter. Qui dit emprunter, dit rembourser les intérêts de l’emprunt. Or le montant des intérêts de l’emprunt est d’une telle ampleur, et les revenus de l’Etat étant sans cesse laminés par des politiques idéologiques (paquet fiscal et TVA sur la restauration en étant des exemples caricaturaux), que désormais la dette s’accroît d’elle-même. C’est, comme le dit Jean Peyrelevade, « l’effet boule de neige : l’accroissement exponentiel des intérêts payés efface à lui seul l’amélioration spontanée du solde budgétaire ». Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle n’est pas non plus liée à la nouvelle crise mondiale. Elle est voulue, sciemment orchestrée pour permettre à quelques-uns de s’engraisser sans effort, simplement en s’assurant que l’Etat soit toujours déficitaire pour toujours avoir besoin d’emprunter et toujours être contraint de rembourser les intérêts. Le seul risque que courent ces tenants du capitalisme financier, ce n’est pas l’improbable faillite de l’Etat Français, ce serait l’avènement d’un gouvernement qui :

– déciderait d’auditer les banques pour en extraire tous les actifs toxiques et les faire supporter par ceux qui ont spéculés,

– traduirait en justice les responsables qui auraient mentis sur la santé financière des banques et permis la bulle spéculative de s’amplifier sans prévenir,

– déclarerait illégitime une partie des intérêts de la dette et ne la rembourserait pas,

– ouvrirait au grand jour les livres de compte des banques,

– referait le tri entre les banques de dépôt et les banques d’investissement, (lire l’article du 30 octobre sur LeMonde.fr >>> Faut-il interdire aux banques de spéculer ? )

– entrerait au capital des établissements financiers pour en assurer les bonnes pratiques et en garantir la transparence auprès de tous les citoyens,

– rétablirait le droit aux états de lever des prêts à taux zéro ou proche de zéro pour alimenter l’économie réelle,

– interdirait toutes transactions transitant par des paradis fiscaux et fermerait tous les établissements basés sur ces mêmes paradis fiscaux.

– Bref, qui prononcerait ces mots affreux, indécents, impossibles à entendre : « Les responsables doivent payer »

Ce gouvernement là, ne peut être issu que d’un milieu étranger à celui de nos élites auto-contrôlées, étranger au milieu des « consanguins ».