NOUVEAU CENTRE VILLE – QUELS ENJEUX, QUELS IMPACTS ?

Une fièvre estivale s’est emparée de Chaville.

Après une campagne électorale et un début de mandat qui avait été plus que vague sur le sujet, M Le Maire a enfin dévoilé son projet de centre-ville.

Coincée entre les états généraux qui font l’impasse sur le sujet et la prochaine fusion des communautés d’agglo Issy/Boulogne qui va récupérer la mise en œuvre du projet, la concertation s’annonce très courte.

Du 20 août au 7 septembre seulement, en pleine rentrée scolaire, les chavillois pourront déposer leur commentaire en mairie, découvrir une maquette en 3D et assister à une réunion publique sur le sujet.

LES IMPACTS ONT-ILS ÉTÉ VRAIMENT EVALUES ?

2 semaines de concertation pour le principal enjeu de ces prochaines années ? Cela ne nous semble pas raisonnable, d’autant plus que nous disposons d’éléments très vagues pour l’instant.
Le projet présenté s’inspire beaucoup de celui que Bruno Lemoine et la liste Avec Vous Pour Chaville (PS – Verts) avaient proposé lors de la dernière campagne municipale : densité urbaine moindre, retour en arrière sur la frénésie concernant la construction de 15 000 m² de bureaux, construction de logements etc.

A quelques équipements publics près…
Et c’est bien là le problème. Le projet proposé par le Maire ne comporte pas du tout d’étude d’impact par rapport aux 30 000 m² de logements prévus et se contente de rassurer sur l’équilibre financier global du projet.

Pourtant beaucoup de questions se posent sur les impacts du centre-ville en terme d’équipements publics et de services  :

30 000 m² de logements, ça fait combien de personnes en plus ?  Combien de familles ?

L’école aura-t-elle la place d’accueillir de nouveaux élèves en sachant que le projet d’école a été retouché à la marge, alors que sa capacité était déjà considéré comme sous-évaluée par l’étude d’impact d’alors vis-à-vis de 15 000 m2 de logements supplémentaires ?

Pourquoi n’y a-t-il pas de centre de loisirs prévu ?

Quel impact sur les structures d’accueil de la petite enfance ?

Aucune indication sur les parkings prévus….

Quel espace pour les jeunes ? (cf les filets verts non remplacés)

Pour l’instant, il n’y a aucune réponse…

QUEL SONT LES ENJEUX DU CENTRE VILLE ?

Ce que le maire ne dit pas, c’est que le centre ville est censé s’inscrire dans le Plan Local de l’Habitat (PLH) qui a été voté en communauté d’agglomération fin 2007 et qui sert à définir très précisément « une politique territoriale de l’habitat, en proposant une réponse à l’ensemble des besoins en logements constatés sur le territoire, dans le parc privé comme public, ancien comme neuf. »

Que dit le PLH ?
Le diagnostic de ce PLH sur l’ensemble du territoire Arc de Seine est éloquent :
Le territoire a connu pendant la décennie 90/99 un solde migratoire modéré, porté essentiellement par le dynamisme urbain d’Issy Les Moulineaux et déficitaire à Chaville. La production de logements varie d’une année sur l’autre, toujours portée par Issy Les Mx et s’établit à 800 logements construits par an en moyenne sur tout le territoire de la communauté d’agglomération.

Sur un marché immobilier porteur et attractif, la communauté d’agglo pointe dans ce PLH plusieurs enjeux très pertinents, que l’on peut observer sur Chaville aujourd’hui :

les primo-accédants voient leur poids diminuer depuis la fin des années 90 car le prix des logements au m² (entre 5 000 et 6000 € le m²) est trop élevé pour leur permettre d’emprunter. Ils achètent leur logement plus loin dans la banlieue.

Le prix moyen du locatif privé est situé dans la fourchette haute du département ce qui entraîne une forte mobilité des locataires.

A l’inverse, le parc HLM qui pèse 22% des logements tend à voir se renforcer sa fonction d’accueil des ménages « financièrement » modestes alors que le taux de mobilité baisse (de 9,5% en 1999 à 7% en 2004)

Le vieillissement observé de la population entraîne de nouveaux besoins adaptés en terme de logement.

Bref, la communauté d’agglomération dresse elle-même ce constat : en dépit d’un territoire très attractif (environnement, dynamisme économique), il faut affronter des difficultés croissantes d’accessibilité financière au logement pour une partie des ménages que ce soit pour louer ou pour acheter.

Pour résoudre ces problématiques, le PLH a fixé des objectifs d’une manière globale sur le territoire mais aussi pour chaque ville.
En ce qui concerne Chaville, les objectifs du PLH 2008/2013 qui ont été étudiés lors du Conseil Municipal de février 2008, sont très clairs :

« – construction neuve globale : 1 080 à 1 260 logements

dont :

– production en locatif aidé public : 700 logements ;

– offre neuve en accession aidée : 100 logements.

Les données représentent le nombre brut de logements (reconstructions comprises). »

A noter que la part de logements sociaux et intermédiaires s’élève à plus de 50% dans le PLH.

Il est important de savoir aussi que sur Chaville 45% des ménages ont des revenus inférieurs aux plafonds HLM.

A l’époque, M Tampon Lajariette s’était abstenu sur le PLH. Il avait émis cette remarque lors du CM de février 2008 : « Le PLH fait apparaître pour Chaville l’impact quantitatif du projet centre-ville. Les objectifs quantitatifs globaux sur Chaville sont par conséquent très importants en proportion de la population par rapport à d’autres communes d’Arc de Seine. Par exemple, sous réserve des démolitions / reconstructions, Chaville se trouve à peu près au même niveau en objectif global que Meudon dont la population est deux fois plus nombreuse. »

Il serait intéressant de connaître sa position sur le sujet aujourd’hui et quelles sont les solutions envisagées… D’autres projets immobiliers sont prévus sur la ville.

Une politique d’aménagement du territoire et des objectifs ont été définis au niveau de la communauté d’agglomération, la ZAC du centre-ville va être prochainement déclarée d’intérêt communautaire, il est logique d’envisager que la ZAC du centre-ville va se placer sous l’égide de ce PLH. Or, nous ne voyons rien de concret sur ce sujet. Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la politique décidée dans un bureau de l’assemblée nationale au mépris des orientations collectives.

Un centre-ville de 40 millions d’euros ce n’est pas rien. Ce sont des commerces et un marché qui vont animer notre village, mais c’est aussi la possibilité de répondre à nos besoins en logements et en infrastructure pour imaginer la ville de demain, à la fois proche de Paris et pratique pour tous ses habitants. Or aujourd’hui, nous ne disposons ni d’indication par rapport au PLH, ni d’étude d’impact sur le projet présenté.

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