PS Chaville
PS Chaville

Arnaud Montebourg s’interroge sur les « contreparties » que peut attendre M. Bolloré

Nicolas Sarkozy s’est rendu en vacances en Egypte à bord d’un Falcon 900 appartenant à M. Bolloré. Cet ami du président de la République lui avait déjà prêté un avion et un yacht pour une escapade sur l’île de Malte juste après son élection en mai.

« Je regrette de devoir m’interroger sur les contreparties que M. Bolloré, homme d’affaires rusé, est en droit d’attendre de la République, car dès lors que le président de la République se met en situation de dépendre des faveurs de milliardaires il y a forcément une contrepartie », a déclaré le député socialiste Arnaud Montebourg, mardi 25 décembre, sur France Inter.

« Ce mélange des intérêts privés et publics est nuisible à l’impartialité de l’Etat. On ne peut mener une politique qu’à l’écart des puissances de l’argent. M. Sarkozy mène la politique des milliardaires, ce sont eux qui sont au pouvoir et nous le voyons tous les jours », a ajouté M. Montebourg. Il a par ailleurs estimé que « la fréquentation des milliardaires est comme une sorte d’injure à la pauvreté et la difficulté de vie de millions de Français qui travaillent dur pour boucler leurs fins de mois sans y parvenir ».

La laïcité selon Sarkozy

Les propos tenus à Rome le 20 décembre par Nicolas Sarkozy sont inquiétants, car ils pourraient marquer le retour à une confusion entre le religieux et le politique. Depuis cent ans, la République est pourtant parvenue à un « équilibre », avec la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. En garantissant la liberté de tous les cultes et la liberté de ne pas croire, la laïcité est devenue un des fondements de notre République. Jean-Pierre Chevènement l’a très bien exprimé : « La laïcité, c’est la croyance dans la capacité humaine à définir le bien commun dans l’espace public, en le soustrayant de l’empire des dogmes. Cela n’empêche ni la croyance, ni la transcendance à laquelle on peut croire ou pas ».

En souhaitant remettre le religieux au coeur de la vie de la cité, en affirmant que l’intérêt de la République est de compter des populations qui « croient » et qu’il n’est pas de bonne politique sans référence à une « transcendance », Nicolas Sarkozy tourne le dos à cette histoire et s’engage dans un terrain dangereux en blessant des consciences.

La religion relève d’abord et avant tout de la conviction privée. L’histoire nous a suffisamment enseigné (y compris de nos jours sous d’autres contrées) quels dangers guettent lorsqu’elle s’immisce dans les affaires publiques. 

Sarkozy a rappelé les racines chrétiennes de la France. Nul ne le conteste, bien sûr, c’est même enfoncer une porte ouverte. Mais y insister, n’est-ce pas nier le reste de l’identité française ? Son enrichissement par d’autres cultures, d’autres religions, d’autres philosophies ? Et n’est-ce pas méconnaître que l’identité de la France actuelle s’est aussi faite contre les dogmes religieux, qui ont tour à tour combattu les grandes théories scientifiques (Galilée, Darwin,…), la République à ses débuts, les conquêtes sociales, l’évolution des moeurs, toutes choses qui font aujourd’hui consensus ?

Il est essentiel qu’un sens moral guide les hommes, mais il n’est pas de la responsabilité de l’Etat de dire si cette morale doit être « religieuse » ou pas.

Un budget 2008 « virtuel » qui prépare des lendemains difficiles

Alors que Nicolas Sarkozy avait promis un « choc de confiance » après son élection, qui était censé relancer la croissance, on assiste au contraire depuis 6 mois à une progressive détérioration de la situation économique de la France.

La croissance est au contraire anémiée, inférieure à 2%, en-dessous de la fourchette estimée initialement, et les experts ne s’attendent pas à mieux pour 2008, avec l’effet de la hausse du pétrole et de la crise des « subprimes ».

Or, au lieu de construire un budget 2008 sur des bases prudentes compte tenu de ce contexte dégradé, le gouvernement est parti sur des hypothèses insincères :

(suite…)

Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

L’affaire du HLM de Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de Christine Boutin, ministre du logement, vient de défrayer la chronique. On a appris, grâce au Canard Enchaîné, que cette personne loue depuis 25 ans (à l’époque il était un proche collaborateur de Jacques Chirac à la mairie de Paris) un appartement de 190 m2 dans le 5ème arrondissement de Paris, pour un loyer de 1200 euros par mois. 6.3 euros du m2 dans ce quartier où le prix moyen du m2 se situe entre 20 et 30 euros, c’est un vrai cadeau qui fait rêver bien des Chavillois !

On a aussi appris qu’il était resté locataire de cet appartement même lorsque ces activités professionnelles l’avaient éloigné de Paris, et le louait à des amis. Les très nombreuses personnes qui passent des années en liste d’attente pour un HLM apprécieront…

Ce qui scandalise dans cet affaire, c’est le culot et l’absence de sens moral de ladite personne qui s’était élevée avec vigueur contre le fait que des personnes soient indûment logées dans des HLM, alors que leurs revenus ou leur situation familiale ne le justifiait pas ! Tartuffe n’est pas loin…

Encore une fois, certains détenteurs du pouvoir UMP perdent le sens des réalités et ne se rendent même plus compte à quel point leurs actes peuvent choquer le reste de la population. Le gouvernement a dû pousser Bolufer à la démission, mais celui-ci risque de n’être qu’un bouc émissaire alors que des privilèges bien plus choquants continuent.

Dix propositions du PS pour le pouvoir d’achat

Le Parti Socialiste a présenté mardi 27 novembre ses propositions pour le pouvoir d’achat.

Avant de détailler ces propositions, revenons un peu sur le contexte de cet automne morose, où le moral des Français se dégrade rapidement. Tout le monde a en mémoire le fameux slogan « Travailler plus pour gagner plus » de la campagne électorale. Depuis 6 mois, qu’avons-nous constaté ?

En effet, certains gagnent plus (sans travailler plus d’ailleurs) :

  • ceux qui bénéficient du « bouclier fiscal » de cet été, qui a conduit le fisc à rembourser certains des Français les plus privilégiés,
  • les grosses successions sont moins imposées : où est la récompense du travail et de l’effort, quand on favorise la rente et l’héritage ?
  • sans parler des 206% d’augmentation de notre cher président…

En parallèle, les Français ont constaté que tout le monde va devoir payer plus :

  • pour la santé, avec les franchises médicales dès le 1er janvier
  • pour le logement, avec des loyers qui ne cessent d’augmenter et une spéculation foncière qui chasse les plus modestes des villes
  • pour l’alimentation, avec la hausse du pain, des produits laitiers, des fruits et légumes…
  • pour l’essence, avec en moyenne 150 euros de plus par ménage et par an
  • pour la télévision, avec 780 000 personnes âgées modestes qui devront payer les 116 euros de redevance dont elles étaient jusqu’alors exonérées

Le PS formule donc 10 propositions concrètes pour améliorer la situation financière des ménages. En revenant sur les « cadeaux fiscaux » de 15 milliards d’euros accordés cet été à un petit nombre, des marges de manoeuvre financières existent pour :

  • augmenter les salaires :

1/ une conférence sur les salaires pour augmenter le SMIC et les rémunérations, en liant l’exonération des cotisations sociales pour les entreprises à l’augmentation des salaires

2/ un plan de rattrapage des traitements dans la fonction publique

3/ une revalorisation immédiate de 5% des petites retraites

  • baisser les prix des produits alimentaires :

4/ la répercussion en faveur des consommateurs des marges obtenues par la grande distribution sur les producteurs

5/ une incitation fiscale pour faire baisser les prix des produits de première nécessité (céréales, produits laitiers, fruits et légumes)

  • diminuer le coût du logement :

6/ l’encadrement des loyers pour l’année 2008, indexés sur le seul coût de la vie

7/ la création d’un service public de la caution pour faciliter l’accès au logement

8/ le respect de la loi obligeant les communes à créer 20% de logements sociaux

  • maîtriser le prix de l’énergie :

9/ la baisse des taxes sur l’essence (rétablissement de la TIPP flottante)

10/ la généralisation du « chèque transport », pour aider les salariés dans leurs déplacements (financé par un prélèvement sur les super-profits des compagnies pétrolières).