Sarkozy dit non à la police de proximité sauf … dans les collèges !

Les maires socialistes des Hauts-de-Seine se mobilisent. Les ministres de l’intérieur et de l’éducation nationale, Gilles de Robien et Nicolas Sarkozy ont en effet pris la décision d’imposer des policiers dans les 44 collèges du département.
Pour Pascal Buchet, maire socialiste de Fontenay-aux-Roses et conseiller général des Hauts-de-Seine, “le passage à la répression dans les établissements scolaires est une véritable provocation à l’encontre des enseignants, des parents et même des policiers qui ont fait connaître leur désaccord tant sur le fond que sur la méthode.”

Comment cette décision a-t-elle été prise dans le département des Hauts-de-Seine ?
Les ministres ont pris cette décision d’une manière très unilatérale pour imposer la présence de policiers dans la moitié des collèges du département. Ce processus a été lancé suite à une d’une expérimentation du Conseil général du département, présidé par Nicolas Sarkozy, il y a quelques mois dans 12 collèges et qu’ils comptent généraliser désormais à l’ensemble des collèges des départements et, à l’avenir, sur tout le territoire. Il s’agit pour eux d’appliquer le soutien de la police nationale régulièrement au sein du fonctionnement des collèges, sans même demander l’avis des principaux ni des conseils d’administration qui se sont fortement opposés à cette démarche, tout comme les élus locaux des communes concernées. C’est une décision qui est imposée de façon très hiérarchique, les principaux sont sommés d’obéir. Le double discours du gouvernement est de laisser croire que c’est à la demande de ceux-ci, ce qui est totalement faux, plusieurs exemples le démontrent dans les Hauts-de-Seine.

Le ministre de l’intérieur insiste sur l’intérêt pour les jeunes d’évoluer sous la présence d’une autorité forte, en l’occurrence celle de policiers. Que pensez-vous de cette démarche ?
Cette démarche parait inutile, voir dangereuse car elle permet à la police nationale de faire de la répression dans les collèges sans même permettre aux collégiens d’être entendus en présence de leurs parents, comme cela est prévu dans les procédures habituelles.
De plus, nous étions très satisfaits, maires, principaux, enseignants, et parents d’élèves de la présence d’un officier de prévention, mis en place par Jean-Pierre Chevènement et Lionel Jospin il y a quelques années. Il permettait de développer une action préventive envers certains élèves en associant les professeurs, tout fonctionnait. Aujourd’hui, par cette décision imposée, c’est une sorte de guerre qui est lancé par le ministère au sein de l’Education Nationale, en passant d’un système de prévention à la mise en place d’un système répressif.

Qu’attendent aujourd’hui les élus socialistes du département ?
Les élus locaux, toute tendance politique confondue, demandent que la police revienne dans les quartiers, dans le travail de prévention, grâce au travail d’îlotage, sous la forme d’une réelle police de proximité comme c’était le cas jusqu’en 2002. Actuellement la police nationale ne vient que quand on l’appelle, c’est à dire lorsqu’il y a quelque chose de grave qui se passe. La police n’est plus présente au quotidien dans les quartiers. C’est pourtant ce que tout le monde attend, aussi bien les habitants, les gardiens d’immeuble que les commerçants, et non pas être dans la logique de “SOS police nationale” comme ça se passe actuellement.
Nicolas Sarkozy est en train de mettre le feu au poudre, c’est peut-être ce qu’il recherche, en tous les cas c’est l’incompréhension et la colère sur le terrain.

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